Montres

Les exportations horlogères «ont atteint le creux de la vague»

En mars, et pour la première fois depuis vingt mois, les ventes de montres à l’étranger ont progressé de 7,5% par rapport au même mois de l’année passée. «Cela confirme notre scénario d’une stabilisation en 2017», assure la Fédération horlogère

Après presque deux ans d’apnée, les exportations horlogères sortent la tête de l’eau. Les chiffres de mars publiés jeudi par la Fédération horlogère suisse (FHS) font état de la première progression enregistrée sur les 20 derniers mois. A 1,6 milliard de francs, il s’agit d’une hausse de 7,5 % par rapport à mars 2016. Sur le premier trimestre, les envois de montres à l’étranger s’affichent toutefois en baisse de 6,8%.

Il faut être prudent. «Le mois de mars 2017 a bénéficié de deux jours ouvrables supplémentaires et d’un effet de base très favorable», nuance l’association faîtière dans son communiqué. Corrigées des jours ouvrables, ces mêmes exportations ont reculé de 2,6%, précise l'Administration fédérale des douanes (AFD).

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«Cela n’empêche que les chiffres publiés hier matin soient bons», relève Jean-Daniel Pasche. Pour le président de la FHS, «cela confirme le scénario que nous avons dessiné en début d’année, qui fait état d’une stabilisation en 2017. Nous pouvons dire que nous avons atteint le creux de la vague».

Tendance à l’acier

Dans le détail, on observe notamment un rebond du côté des montres en acier (+5,4% en volume et +12,15 % en valeur), une matière qui permet notamment aux marques horlogères de proposer des pièces à des prix plus modestes sans recourir à des baisses de prix. Autre point à relever, la progression prononcée (+19,4% en volume, +49% en valeur) des montres faisant partie de la catégorie «autres matières» - cela va de la céramique aux matières synthétiques. «Ce n’est pas si étonnant, cela arrive parfois sans explications particulières», balaye Jean-Daniel Pasche.

Si l’on s’arrête sur la ventilation par pays, Hongkong conserve la première place des importateurs de montres suisses avec 13,2 % de parts de marché. La hausse (+18,1% à 208,8 millions de francs) met fin à «25 mois de reculs marqués», fait remarquer la FHS.

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Les Etats-Unis restent en deuxième place (10,7% de parts de marché) mais, même si le résultat mensuel est qualifié de «bon» par l’association (+15,6% à 169,8 millions), «l’orientation à moyen terme est clairement négative». La Chine (+37,7% à 129,2 millions) continue sur sa lancée à la hausse de même que le Royaume-Uni (+6,2% à 98,1 millions), toujours aidé par le faible niveau de la livre sterling.

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De manière générale, les exportations augmentent

Les exportations de la Suisse, corrigées du nombre de jours ouvrables, ont progressé de 2,4% au premier trimestre 2017. Les importations ont en revanche stagné. La balance commerciale boucle sur un excédent record de 10,8 milliards de francs.

La croissance des exportations repose sur le secteur de la chimie-pharma, sans lequel résulterait une baisse de 2,5%, a indiqué jeudi l’Administration fédérale des douanes (AFD). La principale branche exportatrice de la Suisse a accru ses envois de 2 milliards de francs durant les trois premiers mois de l’année. En termes réels, les exportations totales ont stagné à 54,1 milliards de francs. Les livraisons à l’étranger affichent également une hausse par rapport au dernier trimestre 2016, de 1,5%. Globalement, les sorties présentent une tendance positive depuis le troisième trimestre 2015, relève l’AFD.

Quant aux importations, elles ont fléchi de 4,2% en termes réels à 43,3 milliards. En comparaison avec le trimestre précédent, elles ont reculé de 1,5%, confirmant leur repli entamé à l’automne 2016. (ATS)

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