Le bilan des exportations horlogères suisses au premier semestre de l'année en cours s'annonce réjouissant, à en croire les données publiées jeudi par la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) à Bienne. A fin juin, la valeur des produits horlogers expédiés hors des frontières helvétiques s'est élevée à 4,72 milliards de francs, soit une progression de 700 millions de francs par rapport au premier semestre 1999 (+17,2%). Les clés de ce succès? L'environnement économique mondial favorable, qui se conjugue à un franc suisse attractif face au dollar. En outre, l'Asie a reconstitué ses stocks au cours des derniers mois, après le solide coup de frein qui a frappé la région jusqu'à l'an dernier.

Cette période d'état de grâce, qui signait à fin juin onze mois de croissance ininterrompue, ne va pas sans créer quelques problèmes dans le domaine de l'approvisionnement en composants (habillage, mouvements mécaniques, aiguilles, etc.): fournisseurs et sous-traitants sont souvent au maximum de leurs capacités, les délais de livraison prennent dans certains cas des allures de serpent de mer et se répercutent sur l'ensemble de la chaîne au point que, pour certains, les nouveautés promises pour l'automne à leur distribution se muent en arlésienne. Le constat est représentatif d'une situation récurrente à l'industrie horlogère qui, rompue aux retours de bâton, se doit de demeurer flexible en allant pêcher les composants manquants là où ils sont disponibles: à l'étranger.

Composants importés

C'est ainsi que sur le premier semestre, les horlogers ont importé des cargaisons de constituants d'habillage, à hauteur de 11 millions de boîtes (+36,4% en valeur, pour 149 millions de francs) et de 16 millions de bracelets (+22,5% en valeur, pour 280 millions de francs). En d'autres termes, l'industrie horlogère suisse a grosso modo importé la totalité des bracelets équipant les produits finis expédiés à l'étranger, dès lors que les exportations de montres terminées se sont élevées à 14,6 millions d'unités durant le premier semestre (-3% par rapport à la même période 1999), pour une valeur totale de 4,24 milliards de francs (+16,7%). La proportion s'élève à deux tiers dans le domaine des boîtiers. Le prix moyen des produits terminés prend l'ascenseur, passant de 242 à 291 francs.

Par matériaux et en regard de la décrue globale en volume, le plastique (-11,3%) et l'aluminium (-16,3%) cristallisent le recul. Le plaqué emprunte un chemin similaire (-11,9%). Au chapitre des progressions, acier et or 18 carats continuent à confirmer la forte demande des marchés: le premier enregistre une hausse de 12,5%, le second de 10,1%. Ces deux métaux n'ont pas permis de compenser l'amenuisement des volumes. Sur le front de la valeur, l'acier s'adjuge plus de 80% de la croissance enregistrée sur les six premiers mois de l'année, à hauteur de 1,85 milliard de francs (+26,5%), suivi par l'or, qui a généré un chiffre d'affaires de 1 milliard de francs (+15,2%).

Sur le registre des marchés, les chiffres noirs s'affichent sous toutes les latitudes: Asie, Etats-Unis et Europe témoignent de leur optimisme consumériste. Les Etats-Unis demeurent en tête des importateurs de produits horlogers (voir tableau) avec un montant de 810,8 millions de francs.

En dépit d'un ralentissement prévisible au deuxième semestre, rien n'indique que la branche va subir un fléchissement significatif dans les mois qui viennent. L'exercice 2000 devrait se solder par un volume d'affaires global équivalent à celui de l'an dernier: il avait passé pour la première fois le cap des 9 milliards de francs.