Les exportations horlogères repassent donc sous la barre symbolique de 22 milliards de francs, a commenté la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) en publiant mardi sa statistique mensuelle. En 2014, elles avaient atteint le niveau record de 22,23 milliards de francs, en hausse de 1,9% à l'époque.

Les volumes résistent mieux

L'année 2015 représente toutefois la troisième valeur la plus élevée de l'histoire, derrière 2014 et 2013, souligne le président de la FH Jean-Daniel Pasche, contacté par l'ats. En volume, les horlogers ont livré 28,13 millions de montres-bracelets, en contraction de 1,6%, pour une valeur de 20,23 milliards de francs (-3,6%).

Le fait que les volumes résistent mieux que les valeurs ne manque pas de réjouir Jean-Daniel Pasche. «La question des volumes est tout aussi importante, ce sont eux en définitive qui génèrent de l'activité.» Au-delà, le dénouement de l'exercice 2015 ne constitue pas une surprise à ses yeux.

«La statistique donne une moyenne qui ne doit pas faire oublier que les réalités sont très contrastées d'une marque à l'autre, d'un sous-traitant à l'autre», note le président de la faîtière des entreprises du secteur. Certains acteurs peuvent souffrir de reculs dépassant 10%.

En ce qui concerne l'année 2016, Jean-Daniel Pasche ne s'attend pas à un changement de tendance, en l'état. Le président de la FH anticipe cependant une stabilisation ces prochains mois, par effet de base (partant des baisses enregistrées lors des mois correspondants de 2015).

Hongkong toujours à la peine

Lors de l'exercice écoulé, la branche a continué de subir le climat défavorable régnant à Hongkong. L'ancienne colonie britannique reste certes le premier débouché, mais a vu ses achats chuter de 22,9% entre janvier et décembre à 3,18 milliards de francs.

Le trio de tête est complété par les Etats-Unis, qui ont finalement inscrit une baisse de 0,8% sur un an à 2,34 milliards de francs. La Chine présente pour sa part toujours une évolution négative, avec un recul de 4,7% à 1,34 milliard.

Les marchés en croissance sont à rechercher en Europe. Ainsi, l'Italie figure en quatrième position avec 1,32 milliard de francs (+6,4%). La sixième place revient à l'Allemagne (+0,7% à 1,23 milliard), devant la France (+9,4% à 1,22 milliard) et le Royaume-Uni (+19,1% à 1,16 milliard).

Décrochage en Russie

Le Japon, classé cinquième, a essuyé une diminution de 1,9% par rapport à 2014 à 1,31 milliard de francs, mais reste un marché important. Parmi les pays à problème, la Russie a subi une chute de 29,3% à 195,5 millions. A noter globalement le bon comportement des pays de la zone euro, et de l'Union européenne en général.

En considérant les pièces exportées en décembre uniquement, il apparaît que la situation ne s'est pas révélée aussi uniforme qu'en novembre pour les principaux segments de prix. Les montres de moins de 200 francs (prix export) ont affiché une progression de plus de 3% par rapport à décembre 2014.

La gamme 200-500 francs s'est en revanche inscrite en forte baisse (-15%). Entre 500 et 3000 francs, la valeur a augmenté de 1,6%, alors qu'elle reculait de 3,7% pour les garde-temps de plus de 3000 francs.

La baisse du nombre de pièces est principalement due au segment 200-500 francs, alors qu’il ne représente que 15% des volumes exportés.

Recul pour l'acier

Par matières, les garde-temps en acier ont donné le ton le mois dernier, avec une baisse de 3% de leur valeur. Les montres en métaux précieux, en particulier les produits en platine, ont reculé plus fortement que la moyenne.

Les volumes ont été pénalisés par l’évolution des montres en métaux précieux et en acier. La catégorie des autres matières s'est toutefois inscrite en hausse.

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