L’économie suisse n’a jamais autant exporté qu’au cours du mois de février, grâce notamment à la contribution de la chimie et de la pharma et une forte demande de l’Amérique du Nord. L’excédent de la balance commerciale a dépassé pour la première fois le seuil des 5 milliards de francs.

Après deux mois de baisse, les exportations désaisonnalisées ont bondi de 15,4% en rythme mensuel pour se fixer à 24,01 milliard de francs, indique jeudi l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (Ofdf). Corrigées de l’inflation (valeur réelle), les livraisons à l’étranger de février ont connu une hausse de 8,1%.

Un seuil est franchi

La balance commerciale suisse a dégagé en février un excédent de 5,70 milliards de francs, pour la première fois supérieur à 5 milliards.

L’Ofdf a constaté une «explosion» de la vente des médicaments, dont les exportations ont bondi de 44% à 4,81 milliards de francs, alors que la catégorie chimie et pharma s’est enrobée de 27% à 13,42 milliards.

L’horlogerie a connu une croissance de 8,1% à 2,01 milliard. Le segment Machines et électronique a par contre vu ses livraisons à l’étranger reculer de 1,1% à 2,73 milliards.

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Un bond de l'Amérique du Nord

Après une chute des exportations en janvier (-21,3%), l’Amérique du Nord a retrouvé des couleurs (+52%), atteignant un niveau mensuel inédit de 5,5 milliards de francs, note l’ex-Administration fédérale des douanes. L’Europe (+6,5%) et l’Asie (+1,4%) ont enregistré des augmentations plus modérées. La demande de produits suisses en Chine s’est nettement étoffée (+19,1%).

Les importations ont suivi la tendance inverse, reculant en février de 2,9% à 18,31 milliards de francs. Le secteur de la pharma et de la chimie (-5,2% à 4,99 milliards) a tiré les statistiques vers le bas. Les importations de véhicules ne sont pas en reste, celles-ci ayant perdu 12,2% à 1,35 milliard.

Les importations d’Asie (-3,1% à 3,57 milliards) ont cédé du terrain alors que celles d’Amérique du Nord (+6,2% à 1,28 milliard) en ont gagné. L’Europe reste le principal partenaire, malgré une baisse de 5,4% à 13,13 milliards.

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Quelques précisions sur l'horlogerie

Les exportations horlogères suisses se sont donc envolées en février, grâce à une forte hausse sur quasiment tous les marchés clés pour le secteur, y compris en Europe et à Hong Kong, annonce jeudi la fédération horlogère suisse.

En février, les exportations de montres suisses se sont accrues de 24,4% en comparaison annuelle, à près de 2 milliards de francs suisses, indique la fédération horlogère dans un communiqué, précisant qu’il s’agit «de loin du meilleur mois de février» répertorié dans ses statistiques.

Malgré une base de comparaison élevée, les exportations de montres suisses ont continué d’afficher une forte hausse vers les Etats-Unis et la Chine, ses deux plus gros marchés. Elles ont grimpé de 33,2% vers les Etats-Unis et de 22,4% vers la Chine.

Mais elles ont également enregistré une nette hausse sur les autres grands marchés qui avaient souffert de l’absence des touristes depuis le début de la pandémie.

Le retour de Hongkong

Elles ont grimpé de 11,9% vers Hongkong et de 24,8% vers le Royaume-Uni, de 22% vers la France et de 22,6% vers l’Italie. En Europe, les exportations ont progressé de 28,4% en février, précise la fédération horlogère.

Parmi ses grands marchés, seule l’Arabie saoudite a fait exception, accusant une baisse de 11,8%, la fédération horlogère notant toutefois que ce marché se maintient «sur une lancée positive» après un très bon mois de janvier.

L’an passé, l’horlogerie suisse a connu un rebond spectaculaire. Après une chute de 21,8% avec le choc de la pandémie en 2020, les exportations horlogères suisses ont rebondi de 31,2%, selon les relevés de l’office fédéral des douanes.

Elles ont ainsi dépassé leur niveau d’avant-pandémie et même leur précédent record de 2014, une année faste pour l’horlogerie.

Portée par les montres de luxe, la reprise n’en avait pas moins été hétérogène. Si le redémarrage avait été amorcé aux Etats-Unis, avant de s’étendre à Singapour et aux pays du Golfe, les grands marchés historiques où les touristes ont l’habitude de faire leurs achats de produits de luxe comme Hong Kong, le Royaume-Uni ou la France étaient restés à la traîne. (AFP)