Après avoir reculé en 2015, les exportations helvétiques ont rebondi au premier trimestre. La situation diffère toutefois si les chiffres sont exprimés en termes nominaux ou réels. En termes nominaux et corrigées du nombre de jours ouvrables, les exportations suisses ont progressé de 2,5% sur un an pour s’établir à 51,8 milliards de francs au premier trimestre. En termes réels, soit en étant corrigées de l’inflation, elles ont en revanche affiché une baisse de 1,4%, selon des données publiées jeudi par l’Administration fédérale des douanes (AFD). De leur côté, les importations ont reculé de 1,1% (-1,8% en termes réels) à 42,1 milliards. Au final, la balance commerciale pour le premier trimestre est ressortie avec un excédent de 9,6 milliards.

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Les PME souffrent davantage 

Après le choc du franc en janvier 2015, comment apprécier la situation actuelle de l’économie suisse en matière d’exportations ? Pour Daniel Küng, directeur de Switzerland Global Enterprise (S-GE), les tendances en matière d’exportations sont un reflet de l’évolution globale de l’économie sur le plan mondial plutôt que de celle qui prévaut sur les seuls marchés des devises. «On commence à voir des lueurs d'espoir à l’horizon », estime le directeur de l’organisation suisse de promotion des exportations qui s’exprimait en marge du Forum du commerce extérieur jeudi à Zurich.

S’il observe que les PME se diversifient mieux vers les marchés hors de l’UE comme l’Asie, le Moyen-Orient et les Etats-Unis, ce processus d’adaptation nécessite néanmoins du temps. «Les PME suisse actives dans l’industrie des machines, les techniques de précision ou l’horlogerie continuent de souffrir davantage de la situation des taux de changes que les multinationales», a-t-il nuancé. Il se montre confiant néanmoins dans leur capacité d’adaptation, les PME sachant identifier les marchés qui offrent actuellement les meilleures débouchés pour leurs produits, à l’exemple du Moyen-Orient ou des Etats-Unis.

«Reprise hésitante»

Avec 9,6 milliards de francs, l’excédent de la balance commerciale est resté proche de ses niveaux records, avant tout grâce à la vigueur des exportations des secteurs de la chimie et de la pharmacie et des prix de l’énergie en baisse, a observé UBS dans une note. Les produits chimiques et pharmaceutiques ont bondi de 8,3% à 1,3 milliards de janvier à mars. Globalement, la grande banque anticipe encore une «reprise hésitante » du commerce extérieur durant les prochains trimestres. «Si la croissance solide en Europe devrait être une aide, le franc suisse toujours surévalué restera un frein pour les exportations», relève UBS.

Balance commerciale «catastrophique» en mars

De leur côté, les experts de IG (Suisse) se montrent beaucoup plus prudents. «La balance commerciale pour le mois de mars a été catastrophique», estime l’établissement. Celle-ci, située à 2,2 milliards de francs, contre 4 milliards un mois plus tôt, a été la plus faible observée depuis février 2015, a souligné IG (Suisse). Seule bonne nouvelle, ces chiffres en demi-teinte devraient contribuer à affaiblir la devise helvétique à 1,15 franc par euro d’ici à fin 2016, pronostique l’institut.