Le canton de Vaud profite à plein de la globalisation de l'économie. Ses exportations ont quasiment doublé en l'espace de six ans. Sur les neuf premiers mois de l'année, elles se sont affichées à quelque 8,5 milliards de francs. En 2002, sur la même période, leurs valeurs s'établissaient «seulement» à 4,5 milliards. «Avec 5,6% des exportations suisses et 3,6% des importations nationales, Vaud occupe pour le moment les sixième et neuvième places cantonales», a indiqué jeudi lors d'une conférence de presse Marc-Jean Martin, chef de projet au Service de recherche et d'information statistique (Scris) dans le cadre d'une présentation sur les perspectives conjoncturelles du canton. «L'économie vaudoise est toujours davantage exportatrice», selon lui.

Dans le détail, la chimie pèse 38% de cet ensemble. Elle est suivie par les instruments de précision (17%) et les machines (12%). L'horlogerie, florissante dans la vallée de Joux, ne représente pour l'heure que 9%. «Ces chiffres sont quelque peu biaisés. Beaucoup de montres passent d'abord par Genève avant de sortir du pays», explique Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI). La dépendance vaudoise à l'Europe s'est en parallèle aussi accentuée. Le Vieux Continent pèse désormais pour 69% des exportations, contre 14% pour les Etats-Unis et l'Asie. Le canton peut donc encore profiter de la faiblesse du franc face à l'euro, sans pour autant trop pâtir de la dépréciation du dollar.

Construction à la peine

Ce dynamisme devrait se poursuivre, soutenu notamment par l'industrie. Au troisième trimestre, une large majorité des industriels annoncent une hausse de leur production, ressort-il de l'enquête trimestrielle menée par la CVCI. Si le zénith semble avoir été dépassé, les entreprises anticipent néanmoins une poursuite de l'expansion économique ces prochains mois, quoiqu'à un rythme moins soutenu. Dans l'hôtellerie, les perspectives s'avèrent également positives. Après avoir connu un été brillant durant lequel les chiffres d'affaires ont progressé de 18,4%, le niveau de réservation pour cet hiver semble prometteur, selon Philippe Thuner, président d'Hôtellerie Vaudoise.

Par contre, la construction fait grise mine. Alors que les signes d'essoufflement s'accumulent en cette fin d'année, les indicateurs avancés pour le gros œuvre sont même alarmants, regrette Patrick Crausaz, de la Fédération vaudoise des entrepreneurs. Des suppressions d'emplois sont même à prévoir.