Le cabinet d'audit EY Suisse a suspendu vendredi un de ses associés (un haut cadre du secteur) soupçonné de harcèlement sexuel, a révélé le site d’information économique «Inside Paradeplatz». Contactée par Le Temps, la société confirme l’information. L’associé, un proche du CEO d’EY Suisse Marcel Stalder, occupait une position clé dans le recrutement du cabinet d’audit.

Les faits reprochés remontent au printemps 2016, selon une enquête du Tages-Anzeiger parue mercredi. Le quotidien zurichois cite des SMS envoyés par l’associé tels que «25 Grad, eine perfekte Gelegenheit, deine «Assets» in einem Rock zu zeigen;-);-)» (25 degrés, l’occasion parfaite de montrer tes assets dans une robe) ou «Zeig doch deine Assets;-);-)» (Montre donc tes assets). Après s’être vu refuser ses avances, le haut cadre aurait commencé à mobber l’employée âgée de 29 ans.

Bonus de dix mois de salaire

Après avoir dénoncé le cas auprès des ressources humaines, l’employée a obtenu dix mois de salaire à son départ en septembre 2016, selon le Tages-Anzeiger. Une compensation hors normes après avoir travaillé deux ans dans l’entreprise. En revanche, l’associé accusé de harcèlement aurait reçu un simple avertissement. Divulguée sur «Inside Paradeplatz» le 19 octobre, l’affaire a suscité des dizaines de commentaires de lecteurs critiquant l’attitude du cabinet d’audit.

«L’individu qui fait l’objet de l’accusation a été mis en congé administratif, le temps que nous complétions notre enquête, précise EY Suisse au Temps. Nous prenons les allégations de harcèlement sexuel très au sérieux. Lorsque nous aurons conclu l’enquête, de fortes sanctions disciplinaires seront prises contre quiconque a violé notre politique interne et/ou notre code de conduite.»

«Nettoyage» dans les cabinets d’audit

En quelques jours, les quatre grands cabinets d’audit britanniques Deloitte, KPMG, PwC et EY ont révélé tour à tour le renvoi de cadres pour des affaires de harcèlement. Deloitte a indiqué dimanche au Financial Times avoir renvoyé en quatre ans une vingtaine d’«associés», ces hauts cadres du secteur, pour des faits de harcèlement, sans préciser toutefois les conditions de ces départs ni les faits exacts reprochés.

Dans la foulée, KPMG, PwC et EY (Ernst & Young et associés) sont sortis du bois un par un, évoquant chacun le départ récent d’une demi-douzaine de cadres dans des affaires similaires.