esthétique

Les fabricants de seringues antirides fleurissent sur l’Arc lémanique

De nouvelles sociétés voient le jour, à l’exemple de PB&B. Anteis, de son côté, a été rachetée par Mertz Pharma

Les fabricants de seringues antirides fleurissent sur l’Arc lémanique

Esthétique De nouvelles sociétés se créent, à l’exemple de PB&B

Anteis, de son côté, a été rachetée par Merz Pharmaceuticals

Sur l’Arc lémanique, ce ne sont pas seulement les cliniques spécialisées dans la médecine et la chirurgie esthétiques qui fleurissent. Les start-up et PME qui produisent et commercialisent des seringues contenant des substances anti-âge sont toujours plus nombreuses. Galderma, Teoxane, Anteis, Suisselle ou Primequal en font partie.

Dernière née: PB&B. Créée en décembre 2013 par deux jeunes ingénieurs issus de la Faculté des sciences de la vie de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, la start-up veut commercialiser des microsphères qui, en se dé­gradant, relâchent graduellement différents composants, notamment des lipides et des protéines. «Il s’agit de molécules déjà impliquées dans le processus naturel de stockage de la graisse. Elles ­stimulent la production naturelle de collagène, explique Sergio Klinke, cofondateur de PB&B avec Anthony Aho. Ces microsphères biodégradables sont trop grosses pour être éliminées par le système immunitaire ou pour passer dans le système sanguin.»

La start-up vise essentiellement la médecine esthétique, notamment le rajeunissement du visage et les augmentations et reconstructions mammaires. «Une série d’injections pourrait remplacer une intervention chirurgicale, imagine déjà Anthony Aho. Notre technologie a le potentiel de régénérer n’importe quels tissus.»

PB&B a déposé un brevet sur cette combinaison de molécules contenues dans ces microsphères. Elle doit désormais réaliser des tests précliniques et cliniques avant de commercialiser son produit. Un partenariat avec le Laboratoire de polymères de l’EPFL permettra de synthétiser ces microsphères alors qu’une collaboration avec le Département de chirurgie plastique et reconstructive des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) assurera les tests précliniques. D’ici à deux ans, la start-up espère passer aux essais sur l’être humain.

PB&B aimerait proposer une ­alternative à l’acide hyaluronique, une molécule qui a réalisé un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros en 2010, selon l’observatoire de l’Imcas, un congrès européen qui réunit les professionnels du secteur. Aujourd’hui, près de 30 millions de personnes, essentiellement aux Etats-Unis, seraient traitées. D’après Allergan, l’un des leaders du marché, la demande pour cette substance serait en croissance de 12 à 15% par an. Le nombre de seringues sorties des usines de ce groupe américain, qui compte 11 400 salariés, est passé de 4 à 7 millions entre 2012 et 2013.

Etablie à Yverdon-les-Bains depuis deux ans, la société Suisselle a pour sa part choisi Y-Parc pour ­installer une salle de production de seringues antirides à base d’acide hyaluronique. Spin-off du groupe russe Martinex, qui développe des produits de médecine esthétique, Suisselle est financée par Francisco Bosch, Mikael Seleanin et Vladimir Khabarov. «La production sera finalisée d’ici à 2014, voire 2015», prévoit Marianna Astakhova, la directrice de la société, qui espère distribuer ses produits à des médecins, à des dermatologues ou à des cliniques à travers l’Europe. La jeune entreprise a choisi de s’établir dans le canton de Vaud afin de valider ses produits selon les directives européennes. «Le label «Swiss made» est un réel atout. C’est un gage de sérieux pour les consommateurs», affirme Marianna Astakhova. Comptant actuellement dix personnes, Suisselle prévoit d’en engager près de 15 autres d’ici à 2014. «Nous recherchons des responsables de production, des opérateurs, des chimistes pour tout ce qui touche à la recherche ainsi que des laborantins», explique sa directrice.

Fondée il y a dix ans, Anteis emploie pour sa part 140 collaborateurs à Genève. Elle développe un biopolymère, à savoir de l’acide hyaluronique, conditionné dans une seringue prête à l’emploi et vendue aux médecins par le biais d’un réseau de distributeurs. En novembre dernier, elle a été rachetée par le groupe allemand Merz Pharmaceuticals pour un prix non communiqué. Les deux entreprises collaboraient déjà depuis de nombreuses années. En effet, depuis 2005, Merz Pharmaceuticals distribue une partie des produits créés par Anteis. «Nous produisons 1 million de seringues par année, avec un pourcentage de croissance à deux chiffres, révèle Martin Kuenzel, directeur d’Anteis, qui se veut rassurant. Les emplois et la production seront maintenus à Genève.»

Enfin, dans la cour des grands, il faut citer les laboratoires Teo­xane, créés en 2003 à Genève par Valérie Taupin et spécialisés dans la fabrication de produits de ­comblement de rides, toujours à base d’acide hyaluronique. Le groupe qui s’est hissé au troisième rang mondial sur ce marché exporte ses produits dans 80 pays. Désormais, la société compte 120 collaborateurs et produit à Genève 1 million de seringues chaque année. «Nous enregistrons une croissance annuelle de 15 à 20%», précise Valérie Taupin. Enfin, à Lausanne, c’est le groupe Galderma qui a suscité, la semaine passée, l’intérêt de Nestlé. La multinationale a annoncé la reprise du groupe spécialisé dans les produits esthétiques et de ­dermatologie. Avec ses 5000 employés à travers le monde, Galderma a réalisé en 2012 des ­ventes de 1,6 milliard d’euros pour un bénéfice opérationnel de 234 millions. Peter Brabeck, président de Nestlé, a noté que Galderma jouerait un rôle de croissance pour le groupe, ne serait-ce qu’en raison du vieillissement de la population.

«Le label «Swiss made» est un réel atout. C’est un gage de sérieux pour les consommateurs»

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