On sait que les usines chinoises ou brésiliennes produisent des machines d'excellente qualité. Mais rarement démonstration aura été aussi éloquente que celle organisée par Bobst mercredi dans son «show room» de Prilly. A main gauche, une Speria 106E «made in Bobst Brasil», débitant chaque heure 92 400 emballages découpés, prêts au pliage. Prix: 525 000 francs suisses. A main droite, une Sprintera 106PER «made in Bobst Switzerland» réalisant la même opération au rythme de 192 000 boîtes découpées/heure (record mondial). Prix: 2,3 millions… Sans doute la Sprintera helvétique est-elle deux fois plus rapide, plus vite réglée, moins gourmande en main-d'œuvre. Une machine idéale pour produire non-stop de gros volumes d'emballages de cigarettes par exemple. Mais la Speria brésilienne est tout aussi fiable et durable, pour un investissement 4,5 fois moindre.

De la globalisation concrète! Et qui explique pourquoi le groupe suisse leader des machines pour produire des emballages souples ou cartonnés augmente pour la deuxième fois sa surface de production au Brésil, étend ses activités à Shanghai et Pune (Inde), tandis qu'il lime ses effectifs sur le Vieux Continent. A périmètre égal, le nombre d'employés en 2004 a diminué de 52 en Suisse (sur 2650), de 128 en Europe (sur 2270), tandis qu'il augmentait de 88 en Amérique (sur 490) et de 40 en Asie (sur 250).

Les marchés émergents sont aussi ceux qui ont enregistré les plus fortes progressions de ventes l'an dernier: +48,8% en Asie-Pacifique, +36% en Europe centrale/Est et +15,9% dans la zone Amériques (du Sud surtout). L'exercice 2004 a été très contrasté pour le groupe Bobst. Commencé dans la morosité, il a fini sur les chapeaux de roues, notamment grâce à la douzaine de nouveautés présentées à la foire quadriannuelle Drupa. Elles ont représenté plus de 40% du chiffre d'affaires au deuxième semestre. A relever aussi que 83% du bénéfice d'exploitation après amortissements (EBIT) a été réalisé au cours de cette période.

Les objectifs pour 2005

Cette dynamique «devrait encore se manifester sur l'exercice 2005», estime Andreas Koopmann, président du comité de direction. Un bémol toutefois: bien que supérieures au niveau de 2004, les entrées de commandes pour janvier et février sont «un peu inférieures aux attentes». Le chiffre d'affaires attendu pour 2005 a été légèrement revu à la baisse. L'estimation porte désormais sur – 30 à – 50 millions par rapport aux 1709 millions de 2004. Explication: en adoptant les normes comptables IFRS, Bobst doit sortir la société BHS de son périmètre consolidé, ce qui lui «enlève» 100 millions. Jusqu'ici, le groupe pensait compenser ce volume par l'augmentation des ventes dans les autres divisions. Il est devenu plus prudent. Le bénéfice, lui, devrait être «supérieur à celui de 2004».

A 52,4 millions de francs, contre 41,6 en 2003, le bénéfice net de l'exercice écoulé a agréablement surpris les analystes. Le fait que le groupe a lancé en 2004 un programme d'optimisation des coûts permet d'anticiper une amélioration de la profitabilité. La direction de Bobst veut que le bénéfice net remonte à 5-6% du chiffre d'affaires dans deux ans, contre 3,1% aujourd'hui.