De très légers progrès. Un an après le lancement de la campagne «High Tech- No rights» pour le respect des conditions sociales dans la fabrication des ordinateurs portables, la situation ne s'est que peu améliorée. «L'industrie a encore beaucoup de progrès à réaliser», juge Antonio Hautle, directeur d'Action de Carême, lors d'une conférence de presse organisée mardi à Zurich.

En collaboration avec Pain pour le prochain, les deux associations caritatives ont mené une nouvelle enquête indépendante en Chine dans sept usines qui fournissent des composants aux cinq plus grandes marques d'ordinateurs portables vendues en Suisse: Hewlett-Packard, Dell, Apple, Acer et Fujitsu Siemens. Parallèlement, un questionnaire leur a été envoyé afin de savoir si les conditions de travail s'étaient améliorées entre janvier 2007 et mars 2008.

Premiers résultats: le salaire minimum légal est davantage respecté dans les usines. Dans l'une d'entre elles, les employés reçoivent désormais une copie du contrat de travail. Dans une autre, les enfants âgés de moins de 16 ans ne travaillent plus.

Grandes différences

Au niveau des marques, les différences restent cependant importantes. Hewlett-Packard fait figure d'exemple. «Le groupe a engagé une équipe de 30 personnes en Chine chargée de faire des contrôles auprès de ses fournisseurs», souligne Chantal Peyer, responsable de développement auprès de Pain pour le prochain. Quant à Dell, s'il a pris des mesures pour diminuer les émissions de gaz carboniques et améliorer le recyclage, ses avancées dans le social sont faibles. Du côté d'Apple, des progrès doivent être réalisés. «Apple fait preuve d'opacité. Il ne donne que des informations lacunaires et refuse tout débat sur sa responsabilité sociale», estime Chantal Peyer.

Concernant Acer, l'enquête souligne des progrès. En novembre dernier, des contrôles ont été effectués auprès des fournisseurs. Enfin, Fujistu Siemens fait figure de mouton noir. L'entreprise n'est que peu engagée en matière de responsabilité sociale. Elle considère que ce qui se passe chez ses fournisseurs ne relève pas de sa responsabilité, selon l'enquête.