E-commerce

Face à Amazon, Walmart retrouve des ambitions en ligne

Le premier distributeur mondial tente de rattraper son retard sur Internet, tout en contenant les nouveaux projets de son rival dans le commerce physique

C’est un combat de titans qui prend forme dans le secteur américain de la grande distribution. D’un côté, Amazon, le leader incontesté du commerce en ligne aux Etats-Unis, qui prévoit d’ouvrir des magasins physiques. De l’autre Walmart, le premier distributeur mondial avec près de 12 000 points de ventes, dont plus de 5000 sur le sol américain, investit des milliards de dollars pour combler son retard sur Internet.

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Pour le moment, Amazon n’a présenté qu’un seul projet concret. Baptisé Amazon Go, il s’agit d’une supérette où les caisses sont remplacées par des caméras et capteurs. Les articles n’ont ainsi plus besoin d’être scannés et le paiement est automatique. Un magasin test est déjà accessible à Seattle, dans l’Etat de Washington, aux salariés de l’entreprise. Mais cette phase d’expérimentation aurait démontré les limites de la technologie. Selon le «Wall Street Journal», l’ouverture au public, prévue fin mars, a été repoussée.

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Amazon veut se renforcer dans l’alimentaire

La société de Jeff Bezos réfléchit à d’autres concepts: un «drive-in» qui permettrait à ses clients de récupérer les achats effectués en ligne sans quitter leur voiture, ou encore de véritables hypermarchés consacrés à l’alimentaire ou des magasins spécialisés dans les meubles ou l’électroménager. Les ambitions sont claires: s’imposer sur ces marchés où la part d’Internet reste encore faible. Selon les estimations du cabinet Kantar Retail, seulement 1% des achats alimentaires sont effectués en ligne.

La menace est prise au sérieux par Walmart. Le groupe aux 2,3 millions d’employés passe désormais à l’offensive. En septembre 2016, il a racheté la start-up Jet.com pour 3 milliards de dollars. Et a ainsi recruté son fondateur, Marc Lore, un ancien d’Amazon, nommé à la tête de sa division e-commerce. Sous son impulsion, Walmart multiplie les initiatives. La semaine dernière, il a par exemple officialisé le prochain lancement d’un incubateur de start-up.

Walmart multiplie les rachats de start-up

«Nous allons faire venir des entrepreneurs et leur donner du capital et l’opportunité de changer le secteur du commerce dans les cinq à dix ans», explique Marc Lore. Baptisée Store No. 8, la structure sera basée dans la Silicon Valley. Sa mission sera d’investir et d’aider des jeunes pousses, spécialisées dans la robotique, la réalité augmentée ou encore l’intelligence artificielle. Walmart espère ainsi s’approprier de nouvelles technologies pouvant améliorer son site Internet, la livraison des achats mais aussi l’expérience client dans ses magasins. «Les distributeurs doivent absolument innover dans leurs magasins afin de préserver l’avantage du commerce physique», estime Jan Dawson, analyste chez Jackdaw Research.

Le premier distributeur mondial multiplie aussi les rachats. Depuis le début de l’année, il a procédé à trois acquisitions: Modcloth, une petite société de vente de vêtements en ligne, le vendeur de chaussures Shoebuy et le spécialiste des vêtements d’extérieur Moosejaw. «Nous devons rattraper notre retard», justifie Marc Lore. Walmart mise aussi sur la livraison gratuite en deux jours pour les achats supérieurs à 25 dollars. Dans ce domaine, la société fait mieux que son principal rival.

Cette nouvelle stratégie semble déjà porter ses fruits. «Nous traversons une dynamique positive», assure Marc Lore. Au quatrième trimestre 2016, les ventes en ligne de Walmart ont enregistré une progression de 29%. Selon le cabinet Euromonitor, la multinationale a ainsi dépassé eBay aux Etats-Unis, devenant le deuxième acteur du marché. «L’objectif est de devenir numéro un», lance le responsable. «Irréaliste», rétorque Charlie O’Shea, de Moody’s.

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