Banque

Face aux taux bas, la BCV privilégie la prudence

Les marges d’intérêts souffrent. Ce d’autant que la banque limite les risques hypothécaires et interbancaires

La Banque Cantonale Vaudoise (BCV) réduit les risques. Alors que l’environnement de taux bas continue de peser sur ses marges d’intérêts, elle pourrait tenter d’investir dans des actifs plus rémunérateurs. Elle préfère faire le dos rond et attendre un climat plus favorable à sa principale activité, le crédit.

C’est le message qu’ont voulu faire passer jeudi le président et le directeur général, Olivier Steimer et Pascal Kiener, en présentant les résultats du 1er trimestre, avant d’entamer l’assemblée générale à Lausanne. Au cours des trois premiers mois de 2013, les revenus ont reculé de 4%, à 244 millions. Principalement, donc, en raison des revenus des opérations d’intérêts (–7% à 124 millions). D’un côté, l’épargne, «que l’on ne peut pas, commercialement parlant, ne pas rémunérer», dixit Pascal Kiener, continue d’affluer (+3% en 3 mois, à 12,6 milliards). De l’autre, la banque replace cet argent à des taux très bas.

4% par an, pas davantage

Sur le marché hypothécaire, la BCV refrène ses ardeurs depuis plus d’un an. «Avec 35% du marché cantonal, il est de notre rôle de contribuer à éviter une bulle», a souligné le directeur. Objectif: 4% par an, pas davantage. Ce qui est le cas à fin mars. Sur trois mois, le portefeuille hypothécaire n’a gonflé que de 0,8%. Il pèse tout de même 23,1 milliards.

De plus, la BCV a notablement augmenté ses placements auprès de la Banque nationale suisse (BNS). Auprès de l’institution, le risque de contrepartie est certes nul, mais la rémunération aussi. Ces «liquidités» atteignaient 5,88 milliards, fin mars. Soit une hausse de 24%, par rapport à fin 2012. Andreas Venditti, analyste de la Banque cantonale de Zurich (BCZ), se dit surpris, plutôt en mal. Par l’ampleur de cette hausse, mais aussi par le recul des revenus d’intérêts. Entre prudence et bénéfices, la banque a choisi, estime-t-il en substance. Comme son homologue de la BCZ, Teresa Nielsen, de Vontobel, prévoit d’abaisser légèrement ses prévisions bénéficiaires pour 2013, 2014 et 2015. D’environ 6%, écrit-elle dans une note. Pas davantage, parce qu’elle s’attend à ce que les mesures de réduction des coûts compensent une partie des effets négatifs induits par les taux bas. A fin mars, les charges de personnel avaient déjà baissé de 2% sur un an, les autres charges de 1%.

6,5 milliards en dix ans

Côté gestion, la BCV gère 4,6 milliards d’avoirs (+6%), dont 1,3 milliard d’argent frais. La bonne année boursière 2012 lui a aussi permis d’accroître ses revenus de négoce (+11%). Surtout grâce à la reprise de l’activité d’émission de produits structurés. Mais cette performance n’est pas que conjoncturelle. «Depuis 18 mois, nous proposons nos solutions à d’autres banques et à des gérants alors que nous ne les vendions qu’à nos propres clients auparavant», a dévoilé le directeur.

L’assemblée générale n’a réservé aucune surprise. Olivier Steimer en a profité pour rappeler aux actionnaires qu’en tout et pour tout, les dividendes et la performance boursière du titre leur ont rapporté quelque 6,5 milliards de francs, depuis 2002. Et ce, sans compter les 275 millions de dividende proposés hier .

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