Mazda, le plus petit des constructeurs automobiles japonais généralistes, est aux abois. Malgré la stabilisation de ses ventes en Suisse l'année passée, à un peu plus de 9000 unités, la marque partenaire de Ford s'est affaissée de 13% au niveau européen, alors que la conjoncture y était plutôt bonne. C'est sous la houlette du géant américain que Mazda a présenté, une semaine avant le Salon de l'auto de Genève, quatre projets susceptibles de lui donner un coup de fouet.

Car Mazda souffre cruellement d'une absence d'image, clé du succès sur notre continent où l'acte d'achat se fait souvent pour des raisons émotionnelles. A l'exception de Toyota, Honda et Subaru, les constructeurs japonais paient tous chèrement le nivellement par le bas, rendu obligatoire par le marché nord-américain. Et curieusement, les Japonais ne représentent plus en Europe une menace, mais des proies pour des marques au sain appétit d'expansion. Renault est parti en 1999 à la rescousse de Nissan, et DaimlerChrysler a fait de même avec Mitsubishi quelques mois plus tard.

Le cas de Mazda est particulier, puisqu'il reste indépendant – malgré 33,4% des parts de son capital détenus par Ford. Cependant, de nombreux postes clés sont occupés par des Anglo-Saxons, et le président de Mazda est un énergique New-Yorkais d'à peine 40 ans, Mark Fields. Sa mission est simple, rallumer l'étincelle d'un nom qui s'est illustré, jusqu'au milieu des années 90, par des solutions techniques originales comme le moteur rotatif Wankel. Malheureusement, aucun des véhicules dévoilés lundi au centre européen de la marque, près de Francfort, n'est prêt pour un lancement immédiat. Les concessionnaires doivent donc se contenter, pendant près de deux ans, de distribuer une gamme où l'inspiration fait cruellement défaut.

Enfin, afin de se mettre à l'abri des effets de change, Mazda va utiliser les lignes de montage de Ford, à Saarlouis ou à Valence, en Espagne, dès 2002.