Après plusieurs heures de négociation, le gouvernement allemand a décidé, mardi, de prolonger son dispositif de chômage partiel, ainsi que ses aides aux PME, destinés à faire face aux conséquences économiques du coronavirus. 

Les partis de la coalition au pouvoir ont trouvé un accord et ont adopté une proposition d'extension d'un an du programme de chômage partiel, ont annoncé à la presse les chefs de la CDU-CSU (conservateurs) et du SPD (sociaux-démocrates). Les entreprises pouvaient jusqu'ici bénéficier de ce dispositif durant douze mois. Il sera désormais applicable pendant 24 mois pour les entreprises ayant fait la demande d'ici fin 2020.

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Le gouvernement a aussi décidé de prolonger jusqu'à la fin de l'année une aide financière aux petites et moyennes entreprises (PME), ainsi qu'un assouplissement de la législation sur l'insolvabilité, destiné à éviter des faillites en cascade dans une économie en récession.

De grandes entreprises allemandes ont bénéficié du programme

Ce débat agitait ces derniers jours la coalition de la chancelière Angela Merkel au sujet du chômage partiel. Les conservateurs voulaient en réduire la portée pour limiter le coût financier, les sociaux-démocrates, souhaitant eux la prolongation dans des conditions similaires.

Ce dispositif prévoit notamment la prise en charge par l'Etat de deux tiers du salaire, lorsque les employeurs doivent réduire leurs heures de travail pour économiser des coûts ou à cause d'une baisse d'activité liée à l'épidémie de nouveau coronavirus. Ce programme est l'un des principaux outils utilisés par le gouvernement allemand pour soutenir la première économie européenne contre le ralentissement économique.

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Au plus fort des mesures de lutte contre le coronavirus en avril, quelque 6,8 millions d'Allemands ont reçu de l'argent par l'intermédiaire de ce dispositif, selon l'agence fédérale pour l'emploi. Des géants allemands comme Lufthansa, TUI, Volkswagen et BMW sont parmi les nombreuses entreprises à avoir bénéficié de ce programme. Avant la pandémie, le chômage allemand se situait à environ 5%. Il a depuis augmenté à 6,4%.

Mais ce dispositif a un coût. Du fait des circonstances exceptionnelles liées à la crise, Berlin a débloqué en urgence en mars 2020 des centaines de milliards d'euros pour son économie. L'Etat allemand a accusé un déficit public au premier semestre de 2020, le premier depuis huit ans.

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