Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
L’usine fribourgeoise de Wago à Domdidier s’étend sur une surface de 14 000 m2.
© PHILIPPE.PACHE

Electricité

Face au franc fort, Wago fait de la résistance

Quelque 6 millions de bornes de connexion électrique sortent chaque jour de l’usine fribourgeoise. Avec ses 500 employés, l’entreprise est la preuve que l’industrie suisse parvient encore à faire de la production de masse

Wago a 40 ans et n’affiche aucun signe de fatigue. Ni la concurrence asiatique, ni la force du franc ne sont parvenues à menacer l’existence de l’entreprise fribourgeoise installée à Domdidier depuis 1977.

Jeudi et vendredi, la filiale suisse du groupe familial allemand du même nom célébrait cet anniversaire, en organisant des journées portes ouvertes pour les familles des collaborateurs, les autorités locales, les partenaires financiers et économiques et les médias. Avec deux objectifs: faire découvrir les métiers d’une société industrielle B2B – qui vend à d’autres industriels – et transmettre «un message positif de la part d’un important industriel de la région», explique Frédéric Riva, le directeur général.

Production exportée à 95%

Cet ancien de Siemens Suisse, entré en fonction en janvier 2015, est à la tête d’une entreprise de 500 collaborateurs. Les produits fabriqués dans l’usine de Domdidier, sur une surface de 14 000 m², sont de petites bornes d’interconnexion électrique. Elles équipent des circuits imprimés, notamment pour les sources lumineuses, ou des détecteurs incendie.

Ses clients? Groupe E, des services industriels, le fabricant de machines-outils Tornos ou le Musée d’ethnographie de Genève, dont l’éclairage est piloté par un automate Wago. Mais en réalité, la plupart des clients se trouvent à l’étranger. Près de 95% de la production est exportée. Parmi les quelques noms que l’entreprise peut nommer figurent Philipps ou les géants de l’éclairage allemand Osram et autrichien Tridonic.

Nous sommes la preuve que la Suisse peut faire de la production de très grandes quantités

Quelque 6 millions de pièces sortent chaque jour de l’usine fribourgeoise. Frédéric Riva l’admet volontiers: Wago fabrique une «commodité». Ce n’est pas un produit de niche à haute valeur ajoutée, sur lequel l’industrie suisse serait censée se concentrer pour survivre dans son îlot de cherté. «La numérisation, l’automatisation et l’innovation, y compris dans la façon de travailler, doivent évidemment être une priorité. Mais nous sommes la preuve que la Suisse peut faire de la production de très grandes quantités. En s’appuyant sur la haute technologie, elle peut y parvenir», milite le directeur général.

Lire aussi: EM Marin, l’arme secrète de Swatch Group

Parmi la dizaine de sites que compte le groupe Wago, celui de Domdidier est le spécialiste de la production automatisée. Sur les 350 personnes employées à la production, une vingtaine seulement s’occupe de montage manuel pour les petites séries ou les commandes spéciales. «C’est à nous que le groupe confie les productions de pièces qui nécessitent une grande partie d’automatisation», confirme Frédéric Riva.

Le franc fort n’a «jamais menacé» le site

L’optimisation et l’automatisation: c’est la recette de la survie du site suisse de Wago. Ainsi, la fin du taux plancher et l’envol du franc, en janvier 2015, n’ont pas conduit à la suppression d’emplois ni d’acquis sociaux, assure le patron. Wago n’a pas non plus recouru au chômage partiel. Les marges ont bien sûr été touchées, mais «heureusement, les carnets de commandes étaient bien remplis à ce moment-là, se souvient-il. Le site n’a jamais été menacé, mais nous avons tremblé…»

Aujourd’hui, la situation s’est détendue. L’emploi est stable et le groupe propriétaire prévoit 100 millions d’investissements cette année, dont une partie (non dévoilée) est destinée au site fribourgeois. Des lignes de production seront modernisées, d’autres seront ajoutées pour fabriquer de nouveaux produits.

Quand on se souvient que l’euro valait 1,65 franc en 2008, on peut considérer que nous devrions être morts depuis longtemps

Lors de ses débuts, en 1977, Wago comptait quinze employés à Domdidier. La société a grandi, malgré l’inexorable appréciation du franc, qui a coûté des centaines d’entreprises et des milliers d’emplois à l’industrie suisse. «Quand on se souvient que l’euro valait 1,65 franc en 2008, on peut considérer que nous devrions être morts depuis longtemps.» C’est l’objectif de ces deux journées particulières: montrer qu’à 40 ans, Wago n’a jamais été aussi vivant.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)