Avec plus de deux milliards d’utilisateurs potentiels, la future monnaie numérique soutenue par Facebook veut créer un système de paiement parallèle, plus rapide et moins coûteux que les existants. Et probablement hors du contrôle des autorités monétaires. Pour quels risques? Et quelles conséquences pour les banques centrales, qui pourraient perdre de leur influence?

La libra a été conçue par le Genevois David Marcus sur la promesse qu’elle permettrait à des individus d’effectuer des paiements même s’ils ne possèdent pas de compte bancaire. Il est prévu que cette future devise numérique soit adossée à un panier de monnaies nationales et d’obligations publiques de pays jugés solides, gérés par une association basée à Genève. La libra devrait donc être peu volatile, contrairement aux cryptomonnaies existantes comme le bitcoin, qui ne sont liées à aucun actif réel. Reste que ce «stable coin» pourrait quand même perdre de la valeur, a démontré Sergio Rossi, professeur à l’Université de Fribourg, où a été organisé un colloque sur la libra, jeudi.