«Restez à la maison», exhorte le Conseil fédéral depuis le début de la crise sanitaire. Cette injonction ne frappe pas le ballet des déménageurs. Les mouvements de cartons et de meubles sont toujours autorisés en Suisse si les règles sanitaires sont respectées, a rappelé mardi Martin Tschirren, directeur de l’Office fédéral du logement, à la suite d'une table ronde organisée par le ministre de l’Economie, Guy Parmelin, avec les associations de locataires et de propriétaires.

Mobilisé dès mercredi par la Confédération, un groupe de travail pourrait pousser les autorités à renforcer les mesures. Les représentants du secteur – la Fédération romande immobilière (FRI) comme l’Association suisse des locataires (Asloca) – demandent le gel des déménagements dans leurs communiqués respectifs.

«Il existe une convergence d’opinion sur le chaos qui pourrait survenir», confirme au Temps Carlo Sommaruga, président de l’Asloca, qui espère des «éclaircissements rapides» pour les locataires. La FRI se montre catégorique en pointant l’impossibilité de respecter les normes d’hygiène: «Le risque d’une mise en danger des locataires entrants et sortants, des déménageurs, des nettoyeurs et des propriétaires et de leurs représentants est très élevé.»

«Aspect financier pas encore clair»

Si la suspension des déménagements ne suscite aucun débat, les organisations se disent ouvertes à des exceptions. Un couple qui s’apprête à déménager sans faire appel à une entreprise spécialisée pourrait obtenir une dérogation, imagine Carlo Sommaruga. Les conditions d’application d’une telle mesure font l’objet d’une âpre discussion. Un locataire privé, en plein processus de déménagement, devra-t-il cumuler deux loyers s’il se trouve coincé dans son logement actuel? Que se passe-t-il si la personne apte à reprendre le bail se désiste en raison de la pandémie? «L’aspect financier n’est pas encore clair», confirme le président de l’Asloca.

Dans son communiqué de mardi, la Fédération romande immobilière s’oppose à toutes pertes de loyers. «Un moratoire généralisé sur le paiement des loyers empêchant bon nombre de propriétaires de payer leurs intérêts hypothécaires pourrait ainsi favoriser une crise immobilière dont notre pays n’a vraiment pas besoin dans le contexte actuel.» Le groupe de travail livrera ses conclusions d’ici à la fin de la semaine. Une décision du Conseil fédéral pourrait intervenir ce vendredi lors d’une nouvelle conférence de presse sur le Covid-19.