Bilan mitigé. Ainsi pourrait-on résumer le message issu d’une conférence de presse jeudi sur les résultats des traitements pharmaceutiques face à la pandémie et organisée par l’IFPMA, la faîtière du secteur dans le monde.

«Certains traitements n’ont pas été à la hauteur des espoirs», indique l’IFPMA. L’association basée à Genève souligne que des essais cliniques rigoureux ont démontré que, pour les patients atteints de Covid-19 léger, l’hydroxychloroquine ne fonctionne pas. Ce printemps, cet anti-inflammatoire indiqué en rhumatologie était vu comme une solution prometteuse face à la pandémie. En mars, le groupe rhénan Novartis avait d’ailleurs annoncé son intention d’en donner 130 millions de doses.

Résultats encourageants et échecs

Il a également été démontré que l’Actemra, un traitement de Roche, n’entraîne aucune amélioration chez les patients atteints de pneumonie sévère associée au Covid-19. En mars, le groupe bâlois lançait des essais cliniques avancés pour cette formule susceptible d’atténuer une réaction du système immunitaire dans des cas graves de Covid-19. «Des essais cliniques solides ont été menés mais, malheureusement, ils n’ont pas abouti», a indiqué Severin Schwan, son patron, durant le point presse.

Roche vérifie désormais si l’Actemra peut tout de même être efficace s’il est administré avec un autre traitement, le remdesivir. Ce traitement du groupe américain Gilead continue de susciter l’espoir. Plusieurs essais avancés ont abouti à des résultats encourageants pour ce médicament, qu’il soit administré tout seul ou avec d’autres remèdes, selon Daniel O’Day, le directeur du groupe américain.

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Globalement, des recherches sont menées sur 315 traitements et 210 vaccins, selon le Milken Institute. Pour les traitements, les pistes les plus sérieuses portent sur des antiviraux, des anticorps, du plasma de convalescence et des anti-inflammatoires. Une diversité encourageante, selon l’industrie, pour qui les réponses seront forcément diverses face aux profils variés des patients. «Il n’y aura certainement pas de solution miracle et unique pour guérir tout le monde», prédit Thomas Cueni, directeur de l’IFPMA.

«Le degré de collaboration de l’industrie est sans précédent, même si nous sommes tous concurrents, affirme Severin Schwan. Je n’ai jamais vu ça de ma carrière et j’en suis fier.» Des entreprises partagent des usines et des résultats. Roche travaille notamment avec la firme américaine Regeneron sur un traitement basé sur des anticorps.

«Sans précédent dans l’histoire»

La vitesse avec laquelle l’industrie a réagi face est «sans précédent dans l’histoire, tout en conservant ses standards de qualité», selon le patron du groupe Eli Lilly, David Ricks. «Nous avons beaucoup investi pour augmenter la production de remdesivir de sorte que, avec 2 millions de doses à la fin de l’année, nous en aurons suffisamment pour faire face à la demande», a par exemple fait savoir le patron de Gilead.

L’IFPMA fait régulièrement un état des lieux face au Covid-19, c’était jeudi son quatrième. Plus de 23 millions de personnes ont été infectées par le nouveau coronavirus et 860 000 en sont décédées.