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Un prototype de Mercedes électrique.
© Jens Meyer / AP

Automobile

Face à Tesla, Daimler investit des millions dans les batteries

Le constructeur allemand, propriétaire de Mercedes et de Smart, va investir plus d’un milliard de francs dans la production de batteries pour voitures. Daimler veut aussi attaquer Tesla sur le marché des batteries pour la maison

Aujourd’hui, qui dit voiture électrique pense avant tout à Tesla. Le constructeur californien, fondé en 2003, fabrique lui-même châssis, système interne et batteries. Souvent comparé à Apple – seul à fabriquer, sur le marché des smartphones, le système d’exploitation et le téléphone –, Tesla n’est pourtant pas l’unique fabricant à tout faire lui-même sur le marché automobile. Cette semaine, le groupe allemand Daimler, propriétaire entre autres de Mercedes et de Smart, a annoncé un investissement d’un milliard d’euros (1,09 milliard de francs) dans des usines pour produire des batteries. Fondé en 1924, Daimler ne veut pas laisser son jeune concurrent prendre trop d’avance.

Ce lundi, Daimler a annoncé un double investissement. D’abord une première tranche de 500 millions d’euros pour quadrupler la surface de production de son usine de batteries située à Kamenz, à 130 kilomètres au sud de Berlin. Et une seconde tranche de 500 millions, destinée à créer une autre usine hors d’Allemagne, sans doute en Chine ou aux Etats-Unis. A Kamenz, Daimler a produit, depuis 2012, 80 000 batteries lithium-ion. En étendant sa surface à sept terrains de football, et en doublant ses effectifs à plus de 1000 employés d’ici à 2020, le groupe allemand ne veut pas se laisser distancer par Tesla, dont les usines doivent produire 500 000 batteries par an dès 2018, notamment pour le Model 3 attendu à 35 000 dollars.

Aussi dans les maisons

Au niveau mondial, c’est ainsi une course à la production de batteries qui débute, chaque constructeur prévoyant de sortir à court terme plusieurs véhicules électriques ou hybrides. A lui seul, Daimler veut lancer dix modèles nouveaux d’ici à 2022, des 4x4 aux Smart. Selon les analystes de Bloomberg, ce marché est aujourd’hui dominé par les sud-coréens LG et Samsung, auprès desquels la plupart des constructeurs s’approvisionnent – VW réfléchirait à s’associer avec des spécialistes des batteries ou à créer ses propres usines. A elle seule, la «Gigafactory» qu’achève de construire Tesla dans le désert du Nevada, à Reno, produira chaque année des batteries d’une capacité de 35 gigawattheures (GWh). A titre de comparaison, la capacité mondiale, actuellement, est de 103 GWh, selon Bloomberg. D’ici à 2021, elle pourrait être de 278 GWh.

Daimler veut aussi attaquer Tesla sur le marché des batteries pour la maison. Il y a une semaine, le groupe allemand s’associait à la société américaine Vivint Solar, spécialisée dans la vente de panneaux solaires. Daimler va vendre, avec son partenaire, des batteries pour stocker l’énergie obtenue via ces panneaux. Un système d’une capacité de 20 kWh coûte environ 13 000 dollars (autant en francs) tout compris, alors qu’une batterie Powerwall de 14 kWh de Tesla coûte environ 8000 dollars. Il y a une dizaine de jours, la société dirigée par Elon Musk se lançait sur le marché des tuiles solaires.

Tesla veut davantage d’usines

Alors que Daimler se montre plus agressif, Tesla veut multiplier le nombre de ses usines. Devisée à 5 milliards de dollars, la Gigafactory de Reno, conçue en partenariat avec Panasonic, sera pleinement opérationnelle l’année prochaine. Une autre usine, située à Buffalo, dans l’Etat de New York, est quant à elle spécialisée dans la production de panneaux solaires – Tesla l’avait acquise via sa fusion avec Solar City. Et d’ici à la fin de l’année, Tesla doit annoncer des emplacements pour ses Gigafactories 3, 4 et 5, dont l'une pourrait être établie en Europe. Quant aux véhicules, ils sont pour l’heure exclusivement assemblés dans l’usine de Fremont, en Californie.

Lire aussi: Tesla flambe en bourse et se lance dans les tuiles solaires

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