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La sérieLoosely Exactly Nicole, annulée par MTV, reprise par Facebook.
© REUTERS/STEPHEN LAM

Technologie

Facebook à la conquête de Hollywood

En plus de diffuser du sport en direct, le réseau social cherche à produire des séries et des jeux pour renforcer son offre vidéo et les revenus publicitaires qui l’accompagnent

Facebook compte désormais 2 milliards d’utilisateurs et espère bien en faire des spectateurs. D’après le Wall Street Journal, des émissaires du réseau social discutent avec de grandes agences de Hollywood telles que Creative Artists Agency. La firme créée il y a treize ans par Mark Zuckerberg pourrait financer une série à hauteur de 3 millions de dollars par épisode, un budget comparable à des shows comme Mad Men, Breaking Bad ou The Walking Dead.

Le Wall Street Journal affirme que Facebook réfléchit à des programmes pour les 13-34 ans, son cœur de cible. En revanche, le réseau social ne devrait pas se transformer tout de suite en HBO ou même Netflix. Facebook ne veut pas de Game of Thrones ou de House of Cards mais des programmes sans politique, nudité ou vulgarité. Pas de «binge watching» en vue non plus: les séries seront diffusées dans un format traditionnel, un épisode à la fois, avec des pauses publicitaires.

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La publicité, le nerf de la guerre

Car contrairement à HBO et Netflix qui tirent leurs recettes de leurs abonnés, Facebook dépend de la publicité. C’est elle qui a généré plus de 90% des 8,03 milliards de revenus de l’entreprise au premier trimestre. Et la vidéo ouvre d’incontestables opportunités de croissance dans ce domaine, alors que la place pour la publicité n’est pas extensible à l’infini dans les flux des utilisateurs.

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Le géant de Menlo Park a déjà acheté au festival de Sundance les droits de Strangers, une série centrée sur les millennials. Un jeu, Last State Standing, développé par les producteurs d’American Ninja Warrior, serait en préparation. La série Loosely Exactly Nicole, diffusée puis annulée par MTV (Facebook a recruté une ancienne dirigeante de la chaîne en février), doit être relancée. Deux programmes de téléréalité, dont un centré sur le parcours d’un jeune basketteur en NBA, sont annoncés.

Avec déjà un quart de l’humanité sur son réseau, Facebook anticiperait ainsi un ralentissement de la croissance de ses utilisateurs, en la compensant par une présence plus longue sur le site. «Facebook veut produire son propre contenu vidéo pour les mêmes raisons qu’Apple, Amazon, Snapchat et d’autres géants du monde de la tech», explique Andrew Wallenstein, rédacteur en chef adjoint de Variety. «Ils veulent faire en sorte que les utilisateurs passent le plus de temps possible dans leur écosystème», ajoute le journaliste de l’hebdomadaire.

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Excitation et peur à Hollywood

Apple vient d’engager deux anciens dirigeants de Sony Pictures Television. Netflix et Amazon continuent à investir massivement dans leurs contenus (respectivement 6 et 4,5 milliards par an). Snapchat a signé un accord avec Time Warner Inc. pour 100 millions de dollars. «Toutes ces entreprises voient l’industrie de la télévision comme une carcasse à dépecer», résume Andrew Wallenstein.

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A Hollywood, on ne sait pas sur quel pied danser: «Il y a de l’excitation parce que l’arrivée de Facebook et d’Apple signifie de nouveaux acheteurs sur le marché pour les contenus que les studios de Hollywood produisent», analyse le spécialiste de l’industrie du divertissement. «Il y a aussi de la peur parce que ces mêmes studios fournissent en contenu les grandes chaînes d’où vient l’essentiel de leurs revenus. Mais plus la compétition sera forte, plus vite les audiences télévisées vont continuer à décliner.»

Rien n’empêche les deux parties de travailler ensemble. A partir de septembre, Facebook diffusera aux Etats-Unis une douzaine de matches de Ligue des champions (dont deux huitièmes et deux quarts de finale). Pour le réseau social, c’est là encore un moyen de garder ses utilisateurs sur son site. Pour la chaîne Fox Sports, qui a cédé une partie de ses droits, c’est l’occasion de faire grandir en Amérique un sport dans lequel elle a beaucoup investi en élargissant son audience potentielle.

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