Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger, soit l'ensemble du groupe Facebook, ont subi une panne massive lundi en fin de journée, affectant des dizaines de millions d’utilisateurs dans le monde. La panne a été résolue dans la nuit, vers minuit et demi en Suisse, soit cinq heures après son déclenchement.

Présentant ses excuses, Facebook a indiqué, tard lundi soir dans un communiqué, que la panne avait été causée par un «changement de configuration défectueux» de ses serveurs.

Le site Down Detector a montré lundi en fin d'après-midi des pannes dans des zones densément peuplées comme Washington ou Paris. C’était le cas aussi en Suisse romande. «Ce site est inaccessible», «impossible de trouver l’adresse du serveur», «erreur de chargement de la page», indiquait le site de Facebook à de nombreux utilisateurs lundi dès 18h. La panne semblait déjà durer depuis environ une heure.

«Nous sommes au courant que certaines personnes ont du mal à accéder à nos applications et produits. Nous travaillons à un retour à la normale le plus rapidement possible et nous présentons nos excuses pour ce désagrément», a tweeté Andy Stone, un porte-parole du groupe.

Plusieurs hypothèses évoquées

De premières observations évoquaient un problème du Domain Name System (DNS). Ce service informatique essentiel permet de traduire une adresse URL (par exemple «letemps.ch») en une adresse IP qui sera lisible par une machine et de renvoyer effectivement vers le site consulté. Cette panne pourrait être liée au système de routage BGP (Border Gateway Protocol) des serveurs de Facebook.

Sur Twitter, Dane Knecht qui travaille pour la société américaine Cloudflare spécialisée notamment dans les services de DNS, a noté que peu de temps avant le début de la panne, ce système de routage BGP avait été «retiré d’Internet». Selon lui, le retour en ligne des sites concernés pourrait conduire à une «longue période d’instabilité», du fait de la taille du système à remettre en route.

«Facebook et d'autres sites affiliés ont disparu d'Internet dans un déluge de mises à jour de BGP», a indiqué John Graham-Cumming, le directeur technologique de la société Cloudflare. «Il est étonnant que Facebook n'ait pas encore réparé le problème (...) qui devrait être facile à corriger», a souligné de son côté Jake Williams, cofondateur de BreachQuest, une entreprise de cybersécurité. Il rappelle par ailleurs que l'impact de la panne est pire dans les nombreux pays où Facebook est «synonyme de l'internet», ou pour les usagers qui se servent du réseau social pour accéder à d'autres services.

Les concurrents se frottent les mains

Sur Twitter, le malheur de la plateforme faisait le bonheur de ses concurrents et des utilisateurs facétieux, qui rivalisaient d'humour. «Les inscriptions sont en forte hausse sur Signal (bienvenue tout le monde)», a ainsi écrit la messagerie réputée pour son cryptage des données. «Nous savons aussi ce que c'est de travailler pendant une panne et nous souhaitons bonne chance aux ingénieurs», a-t-elle ajouté.

Le titre a baissé

Cette panne intervient alors que la plateforme aux près de 3 milliards d’utilisateurs mensuels traverse l’une des pires crises sur sa réputation depuis deux semaines, à cause de révélations d’une lanceuse d’alerte.

Ancienne ingénieure chef de produit chez Facebook, Frances Haugen a fait fuiter de nombreux documents internes, notamment au Wall Street Journal, et a accusé le groupe de «(choisir) le profit plutôt que la sûreté» de ses utilisateurs, dans un entretien diffusé par la chaîne CBS dimanche.

A Wall Street, le cours de Facebook, en baisse dès le début de séance, a terminé sur une perte de 4,89%. A cause de la chute de ses actions, le patron du groupe Mark Zuckerberg a perdu plus de 6 milliards de dollars en quelques heures, faisant tomber sa fortune à 121,6 milliards, affirme un décompte de Bloomberg. Ses pertes atteignent 15 milliards depuis la mi-septembre.

Le 1er octobre:  Les scientifiques appelés à «battre Facebook à son propre jeu» de désinformation