La bataille de la vidéo en direct (live streaming) ne fait que débuter. Si Twitter a pris les devants, avec le lancement il y a un an de son application Periscope, Facebook est bien décidé à rattraper son retard. Mercredi 6 avril, le réseau social a ainsi dévoilé une série d’améliorations apportées à sa plate-forme Facebook Live.

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Le service s’enrichit de nouvelles options. Il proposera désormais des filtres se superposant à la vidéo, par exemple pour lui donner un effet rétro. Et permettra d’interagir en direct en utilisant l’un des six boutons de réactions («J’aime», «Haha» ou «Grrr», «Waouh»…). La société souhaite également améliorer la visibilité des vidéos diffusées en direct. Un nouvel espace dédié recensera ainsi les «live» les plus populaires et ceux créés par les amis des utilisateurs ou par les personnalités qu’ils suivent.

Une option ouverte à tous les utilisateurs

Jusqu’à présent, l’entreprise de Menlo Park avait avancé par petits pas. Introduit en août 2015, Facebook Live a d’abord été réservé à quelques célébrités aux Etats-Unis. Depuis le début d’année, le service est disponible pour l’ensemble des utilisateurs dans une trentaine de pays, à condition de posséder un terminal équipé d’iOS ou d’Android, les systèmes d’exploitation mobile d’Apple et de Google.

La vidéo en direct fait partie des priorités de Mark Zuckerberg, qui supervise en personne ses avancées. «C’est l’une des choses qui me passionne le plus», assurait fin février le fondateur et patron de Facebook. Cette offensive s’inscrit dans l’évolution naturelle du réseau social: du partage de simples statuts, au partage de photos puis désormais de vidéos.

En novembre, Facebook revendiquait 8 milliards de vidéos visionnées chaque jour par ses utilisateurs. Un chiffre qui avait doublé en sept mois. «Les vidéos en direct représentent la prochaine étape» estime Brian Blau du cabinet de recherches Gartner. «Elles s’intègrent parfaitement à Facebook: c’est immédiat, authentique et social», assure Fidji Simo, l’une des responsables du projet.

Le live streaming n’est pas un phénomène nouveau. La plate-forme Twitch, rachetée pour un milliard de dollars par Amazon, est par exemple très populaire chez les joueurs de jeux vidéo. Le concept a cependant évolué avec le lancement de Meerkat en février 2015, puis de Periscope le mois suivant. Plus besoin d’un ordinateur, la diffusion de vidéo en direct est devenue mobile.

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La monétisation pas prioritaire

Lors des émeutes à Baltimore aux Etats-Unis ou des attentats de Bruxelles, journalistes et témoins ont ainsi utilisé leur smartphone pour faire vivre les événements sur le terrain. Les médias se convertissent petit à petit, à l’image du Huffington Post et Buzzfeed. Et les célébrités utilisent ces services pour interagir avec leurs fans.

Les marques surveillent l’évolution de l’audience, qui offre un taux d’engagement plus élevé. «Le nombre de commentaires est dix plus important que pour les vidéos traditionnelles», explique Fidji Simo. Pour autant, la monétisation de la plate-forme «n’est pas la priorité», assure la responsable. Elle reconnaît cependant «des discussions avec des partenaires pour trouver le bon modèle économique».

Dans cette bataille, Facebook dispose d’un avantage de poids face à Periscope: «Son audience massive», estime Brian Blau. Fin 2015, le réseau social comptait plus de 1,6 milliard d’utilisateurs actifs, soit cinq fois plus que Twitter. Mais le secteur pourrait bientôt devenir encore plus concurrentiel: selon la presse américaine, YouTube, la populaire plate-forme de vidéo de Google, va lancer un service rival.