Réseaux sociaux

Facebook Messenger se convertit aux chatbots

L’application de messagerie va permettre d’acheter des vêtements, se faire livrer un repas ou consulter ses comptes bancaires

Les robots débarquent sur Facebook Messenger. Mardi, le réseau social a confirmé que sa plate-forme de messagerie instantanée allait s’enrichir de chatbots, des petits programmes informatiques avec lesquels les utilisateurs peuvent discuter. «Messenger va devenir la prochaine plate-forme permettant de se connecter avec des services», s’est enthousiasmé Mark Zuckerberg, son fondateur et patron, en ouverture de F8, la conférence annuelle que Facebook organise pour les développeurs.

Concrètement, il sera désormais possible, directement depuis l'application, de se faire livrer des fleurs, d’acheter des vêtements, de recevoir les titres de l’actualité, de consulter ses comptes bancaires et même d’imprimer un document. Plus besoin de télécharger une application mobile, de se rendre sur un site Internet ou de passer un coup de téléphone: toutes ces actions s’effectueront par l’intermédiaire d’une conversation sur Messenger. «Communiquer avec une entreprise devrait être aussi simple que de discuter avec ses amis», poursuit Mark Zuckerberg.

Première phase de tests aux Etats-Unis

Une première phase de tests va être lancée aux Etats-Unis avec une trentaine de partenaires. Bank of America, CNN, HP ou encore Expedia font partie des premières entreprises à tirer profit de cette nouvelle fonctionnalité. A terme, tout le monde sera cependant libre de créer un robot sur la plate-forme. Le réseau social y voit un moyen de révolutionner les relations entre les sociétés et leurs clients.

Facebook n’est pas le seul à parier sur les chatbots. S’ils ne sont pas nouveaux, ces programmes intelligents redeviennent à la mode. Deux raisons expliquent ce retour au premier plan. D’abord, les progrès en matière d’intelligence artificielle, en particulier grâce aux méthodes des «machine learning» (apprentissage automatique). Ensuite, le succès des applications de messagerie mobile, plate-forme idéale pour ce type d’interactions. Le service chinois WeChat a ouvert la voie. Il a été suivi par Kik, Telegram et Slack.

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«Réinventer le commerce»

Fin mars, Microsoft a aussi dévoilé ses ambitions dans le domaine. «C'est un concept simple mais qui pourrait avoir un impact très important, aussi important que les précédents changements de plate-forme», assure Satya Nadella, le directeur général du groupe de Redmond, citant la bascule du PC vers le mobile. «Les applications de messagerie vont devenir les nouveaux navigateurs et les bots les nouveaux sites Internet», ajoute Ted Livingston, le patron de Kik.

Les chatbots s’inscrivent parfaitement dans la stratégie suivie par Facebook. Le réseau social souhaite se servir de Messenger pour «réinventer le commerce», assure le Suisse David Marcus, responsable des activités de messagerie qui célébrait mardi son anniversaire. 

A terme, cela doit aussi permettre de monétiser sa plate-forme. Pour les entreprises, l’utilisation de robots sera gratuite. Mais Facebook proposera des fonctionnalités payantes, comme par exemple des campagnes marketing auprès d’anciens clients. «Messenger va devenir indispensable pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille», assène David Marcus. Le service de messagerie n'est que la pointe de l'iceberg. Mark Zuckerberg a dévoilé une stratégie sur dix ans qui vise à construire «la technologie permettant de partager n’importe quoi avec n’importe qui». Un objectif qui passera par toujours plus de vidéos et de réalité virtuelle.

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