«En l’espace de trois mois, Facebook a crû d’un Twitter.» Cette formule, lancée par un analyste de Wedbush Securities, cité par «USA Today», illustre en une phrase la croissance du réseau social. Les chiffres de Facebook, publiés dans la nuit de mercredi à jeudi, ont impressionné les analystes. Pour la quatorzième fois de suite, la société dirigée par Mark Zuckerberg a dépassé les attentes. En trois mois, son chiffre d’affaires a crû de 606 millions de dollars, soit autant que le revenu trimestriel total de Twitter. Et Facebook est parvenu à gagner 243 millions d’utilisateurs de plus. En face, Twitter revendique, au total, 317 millions de fidèles… Agé de 12 ans et demi, Facebook parvient toujours à croître. Et même s’il prévient d’un ralentissement à venir, il possède trois armes pour accroître sa domination.

Gagner des utilisateurs

Le réseau parvient toujours à augmenter le nombre de ses utilisateurs. Ils étaient 1,79 milliard fin septembre, contre 1,71 milliard trois mois plus tôt. Avec une hausse de 16% sur un an, le réseau social est ainsi utilisé par plus de la moitié des internautes sur terre. Comme le signalait Quartz jeudi, il y a 3,42 milliards d’internautes sur la planète, selon le site de mesure Internet Live Stats. Ainsi, 52% des terriens connectés sont clients de Facebook. Et ils demeurent fidèles. Ainsi, parmi les adeptes de Facebook qui l’utilisent au moins une fois par mois, 66% le consultent au moins une fois par jour. La concurrence, à commencer par Snapchat, ne se fait ainsi pas ressentir.

Le réseau social profite aussi d’un nombre toujours plus élevé de personnes connectées au Web via le projet Internet.org, qui offre une connexion gratuite, dans certains pays en voie de développement, à un bouquet fixe de services et de sites. Internet.org, dont Mark Zuckerberg est un ardent promoteur, compte 40 millions d’utilisateurs. Ils étaient 15 millions il y a un an.

Profiter des téléphones

Comme Google, Facebook est parvenu à profiter de l’essor des smartphones. Le temps où les analystes craignaient que les revenus publicitaires s’effondrent à cause de la petitesse des écrans semble bien loin. Désormais, la publicité sur mobile représente 84% des recettes publicitaires totales, qui affichent une hausse de 59%, à 6,8 milliards de dollars. Comme le signalait le «Wall Street Journal», à eux seuls Facebook et Google parviennent à capter, aux Etats-Unis, 68% de la publicité en ligne. Les utilisateurs du réseau social le consultent à 93% sur smartphone. Cela a permis à Facebook d’afficher un bénéfice net en hausse de 166% sur le trimestre (2,4 milliards de dollars), pour un chiffre d’affaires en augmentation de 56% (7 milliards).

Pour rendre ses utilisateurs et ses annonceurs plus fidèles encore, Facebook veut miser sur la vidéo. Mark Zuckerberg l’a répété, elle va devenir le cœur de toutes ses applications. Selon lui, d’ici à cinq ans, ce que feront le plus les internautes sera le visionnage de clips.

Diversifier ses activités

Si l’action de Facebook dévissait de 8% dans les échanges après-bourse mercredi soir, c’est à cause de l’avertissement lancé par la société: elle aura de la peine à afficher davantage de publicités sans perturber les internautes. Mais Facebook a des pistes: les tarifs pourraient augmenter, de nouveaux formats publicitaires pour la vidéo pourraient être développés… Et surtout, le groupe pourrait décider de mieux exploiter son bouquet de sites: en affichant plus de publicités sur Instagram, en permettant aux entreprises d’utiliser WhatsApp, en augmentant le nombre de services payants au sein de Facebook Messenger.


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