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Jeudi dernier au Nasdaq, les écrans affichaient une chute de 19% de la valeur en bourse du géant américain Facebook.
© PxHere

GAFA

Facebook a perdu trois millions d’utilisateurs en Europe

Le réseau social de Mark Zuckerberg a publié des résultats financiers décevants pour son deuxième trimestre. Trois déserteurs racontent leur désamour, tandis qu'un expert nuance le risque pour le réseau géant

Que fait le consommateur du XXIe siècle quand il est lassé par un produit? Il stoppe sa consommation et passe au produit suivant. C’est le mal qui est en train d’affaiblir le géant américain Facebook. Roi des réseaux sociaux depuis 2004, près de trois millions d’utilisateurs européens se sont détournés de lui en l’espace de trois mois.

A ce sujet: Une chute de 18% à l’ouverture: les chiffres de Facebook horrifient ses actionnaires

Antoine: «Plus pertinent»

Parmi ces millions de déserteurs, Antoine, 24 ans, est assistant administratif dans une fiduciaire à Genève: «Je n’avais plus envie de m’exposer aux yeux du public, de mes collègues et surtout de mon patron.»

Outre le besoin de vie privée, le jeune homme regrette le virage multifonction pris par le site. «Le contenu n’est plus pertinent. A ses débuts, Facebook était un précurseur et permettait d’échanger des photos et de nos nouvelles. Aujourd’hui, il a été pollué par des vidéos, des publicités et des suggestions en tout genre. Notre profil est noyé dans un océan de divertissements inutiles.» Au fil des années, les publications d’Antoine se sont faites rares, jusqu’à ce qu’il y mette un terme définitivement.

Vasco: «On perd du temps»

A peine plus jeune, Vasco, programmateur informatique, a lui aussi laissé tomber Facebook. Cette fois-ci pour des raisons pratiques. «On perd un temps considérable sur notre fil d’actualité. Il y a tellement de vidéos, photos, statuts et liens. Au final, depuis que j’ai tout arrêté, je me couche plus tôt le soir.» L’informaticien ne regrette pas une seconde son départ. «Pour moi, soit on a un profil intéressant, actif, dynamique et ça vaut la peine, soit on ne fait que de la figuration et dans ce cas-là il vaut mieux partir.»

Samrawit: «Plus utile»

De son côté, Samrawit, étudiante à la Haute Ecole de gestion de Neuchâtel, considère Facebook comme dépassé. «Je ne voyais plus l’utilité de ce réseau social. Je m’y rendais de moins en moins, jusqu’à ne plus du tout y trouver un intérêt. J’ai donc supprimé mon profil.»

Notre dossier sur ces apps qui nous fidélisent: La technologie nous-a-t-elle asservis? 

Des chiffres trompeurs

La situation n’est pourtant pas si critique, selon Renée Bäni, directrice de formation et spécialiste en médias sociaux à Lausanne. «Il faut relativiser. Trois millions sur des centaines de millions d’utilisateurs européens, c’est finalement peu.» La nuance réside dans le taux d’activité. «La baisse du nombre d’utilisateurs actifs ne veut pas dire que trois millions de personnes ont supprimé leur compte, mais qu’elles ont simplement moins utilisé Facebook. Il n’y a donc pas un abandon massif de la communauté.»

L’experte en réseaux sociaux ne voit en aucun cas un signe de déclin du géant mondial. «Le groupe Facebook continue d’exploiter des plateformes qui sont devenues incontournables dans notre façon de communiquer.» Parmi elles, Messenger, WhatsApp ou Instagram. Un argument confirmé par les faits: 2,5 milliards de personnes utilisent au moins une de ces quatre applications chaque mois.

Une perte en bourse inquiétante

Tandis que le nombre d’utilisateurs européens est passé de 282 à 279 millions par jour et que celui des Etats-Unis et du Canada stagne à 185 millions, Facebook double pourtant ses dépenses sur une année. Passant la barre des 7 milliards de dollars déboursés. De quoi inquiéter les investisseurs. Après la publication de ses résultats financiers de deuxième trimestre jeudi dernier, Facebook a déploré une chute de son action de 19%. Une première dans l’histoire des marchés.

On pensait le réseau social diminué par le scandale Cambridge Analytica. Mais selon les dires du patron de Facebook, Mark Zuckerberg, cette baisse des performances est à imputer à l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD). Mark Zuckerberg a d’ailleurs commenté: «Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité, nous commençons à le voir ce trimestre.»

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