Facebook a pris des mesures jeudi contre les promoteurs de discours violents, antisémites, racistes ou complotistes. «Nous avons toujours interdit les individus ou organisations qui promeuvent ou se livrent à la violence et la haine, quelle que soit l'idéologie», a indiqué l'entreprise, qui a supprimé les comptes de six personnes et du site «Infowars», estimant qu'ils entraient dans sa catégorie «Individus et organismes dangereux». Ces décisions sont valables aussi pour sa filiale Instagram.

La tuerie en mars dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, perpétrée par un suprémaciste blanc, avait fait ressortir les critiques autour du réseau social, accusé de ne pas expurger assez vite les publications problématiques ou choquantes. L'attaque fut diffusée pendant 17 minutes en direct sur Facebook.

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«Le processus d'évaluation de possibles infractions (aux règles d'utilisation du réseau social, NDLR) est très poussé et c'est ce qui nous a conduit à décider de supprimer ces comptes aujourd'hui» jeudi, a poursuivi une porte-parole dans un courriel à l'Agence France Presse (AFP).

Alex Jones et Louis Farrakhan visés

De célèbres figures américaines, comme Louis Farrakhan, leader de l'organisation «Nation of Islam», et Alex Jones, fondateur du site «Infowars» sont visées par cette offensive. A 85 ans, Louis Farrakhan est le leader de l'organisation «Nation of Islam», fondée en 1930, et avait notamment déclaré qu'«Hitler était un très grand homme» lors d'une interview à la radio en 1984.

Alex Jones est lui un célèbre complotiste américain d'extrême droite, fondateur du site «Infowars», prompt à relayer théories du complot et autres infox. Le président américain Donald Trump a par le passé affiché sa sympathie pour lui.

Agé de 45 ans, il est notamment connu pour avoir prétendu que la fusillade dans l'école primaire Sandy Hook en 2012, qui avait fait 26 morts dont 20 petits enfants, était une mise en scène. Cette théorie conspirationniste a contribué à sa notoriété mais lui vaut une poursuite en justice par des familles de victimes de la tuerie. 

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Les autres personnes ciblées jeudi par Facebook sont Paul Nehlen, un politicien membre du parti républicain et figure de l'extrême droite américaine, ou encore Milo Yiannopoulos, polémiste ultra-conservateur britannique, chantre du nationalisme blanc aux Etats-Unis et un ancien du très controversé site Breitbart News.

Facebook va retirer toutes les pages, groupes et comptes qui les représentent, ainsi que tous les événements auxquels ils participent, a précisé la firme jeudi. Aussi visé, Paul Joseph Watson est un jeune Britannique adepte des théories du complot dont les vidéos d'extrême droite font des centaines de milliers de vues sur internet. Enfin, Laura Loomer, américaine, est elle aussi pourvoyeuse de vidéos du même type sur les réseaux sociaux.