Le marché de la vidéo est en pleine effervescence. Et un nouvel acteur de poids y entre ces jours: Facebook. Le réseau social, fort de 2,5 milliards d’utilisateurs, est en train de déployer au niveau mondial un nouveau service, Messenger Rooms. Disponible a priori dans quelques jours en Suisse, il doit marquer une nouvelle étape dans le rapprochement entre les plateformes de messagerie du réseau social. Tout en soulevant de nombreuses questions quant au respect de la vie privée.

Gratuit, Messenger Rooms permettra de connecter en vidéo jusqu’à 50 participants, sans limite de temps. A titre de comparaison, la version gratuite de Zoom, étoile montante du moment, relie jusqu’à 100 personnes durant quarante minutes maximum – ce service compte plus de 300 millions d’utilisateurs et fait de l’ombre aux solutions de Google et de Microsoft. L’idée de Facebook, c’est de créer des salles virtuelles où l’on se retrouve à sa guise. Ces pièces s’afficheront en haut du «mur» du réseau social et les utilisateurs pourront voir lesquelles sont ouvertes, pour dire bonjour à leurs amis. «Je peux être installé dans mon canapé pendant le week-end et décider d’inviter mes amis dans la «pièce où-on-traîne-sur-son-canapé», a résumé vendredi dernier Mark Zuckerberg, cofondateur et directeur, lors de la présentation du service.

Pas d’espionnage…

Facebook permettra d’utiliser des effets graphiques pour modifier son apparence, des effets que le réseau social Snapchat avait démocratisés. Il sera également possible de créer des arrière-plans immersifs à 360°, pour donner l’impression qu’on se trouve dans une jungle, par exemple.

Côté respect de la vie privée, la multinationale californienne a pris la peine de préciser qu’elle n’allait ni écouter les conversations, ni les regarder, ni les enregistrer. Il n’y aura pas besoin de posséder un compte Facebook pour rejoindre une séance vidéo, mais un tel compte sera nécessaire pour en créer une. Il sera possible de «fermer» une chambre pour empêcher que n’importe qui y accède. De plus, des participants pourront aussi être exclus par l’organisateur. Et ces chambres virtuelles ne pourront pas être trouvées par n’importe qui au sein de Facebook – ce sera uniquement entre personnes qui se connaissent.

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… mais des données envoyées

Mais ces garanties n’empêcheront pas Facebook de diffuser certaines données à des tiers. Le réseau social écrit que «dans l’ensemble de nos services, nous travaillons avec des fournisseurs externes qui nous aident à examiner et traiter les problèmes signalés par les utilisateurs et peuvent partager des informations avec des partenaires comme le nom de la chambre et le nom des participants». Le réseau social dit aussi que «comme pour les autres parties de Facebook, nous recueillons des données sur les salles, que vous vous soyez inscrit par le biais d’une de nos applications ou sans vous connecter à un compte».

En parallèle, Messenger Rooms sera un moyen pour Facebook de rapprocher ses plateformes de messagerie. Le service sera accessible via Facebook, Messenger et bientôt Instagram, WhatsApp et Portal (des assistants personnels dotés d’écran). Ce sera ainsi le premier moyen de communiquer entre ces plateformes, toutes entre les mains du même propriétaire. Depuis plus d’un an, Facebook s’est lancé dans un rapprochement technique de ses services; pour gagner en efficacité, mais aussi pour tenter de contrer des velléités de démantèlement du groupe de la part des autorités de la concurrence.

A noter que Facebook vient aussi d’autoriser les appels vidéo à huit sur WhatsApp – la limite précédente était de quatre personnes. Chaque jour, 700 millions d’appels vidéo sont effectués via Messenger ou WhatsApp – dans certains pays, le volume de ces appels a doublé depuis le début de la pandémie.