Le gendarme britannique de la concurrence (CMA) a ordonné mardi à Facebook, récemment rebaptisé Meta, de vendre sa filiale Giphy car leur fusion «pourrait nuire aux utilisateurs de réseaux sociaux et aux annonceurs au Royaume-Uni», selon un communiqué. Le mois dernier, la CMA avait infligé une amende de 50,5 millions de livres au géant des réseaux sociaux dans le cadre de sa fusion avec Giphy, spécialisé dans les animations courtes sur internet (Gif), pour avoir poursuivi l’intégration des deux entreprises malgré une enquête en cours.

Dès août, la CMA avait prévenu que Facebook pourrait devoir vendre la plate-forme Giphy, dont le rachat avait été dévoilé en mai 2020 et estimé à 400 millions de dollars. Cette acquisition permettait à Meta d’intégrer à Instagram, son service de partage de photos et de vidéos, l’immense bibliothèque de Giphy.

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Pas d’alternative viable

Le panel indépendant de la CMA qui a examiné la fusion a conclu que «Facebook pourrait augmenter sa part de marché déjà importante par rapport à d’autres réseaux sociaux en limitant ou empêchant l’accès d’autres plateformes aux gifs», alors que Facebook et ses filiales WhatsApp et Instagram «comptent déjà 73% du temps d’utilisation passé sur les réseaux sociaux au Royaume-Uni», détaille le communiqué.

La CMA craignait aussi que Meta ne change les critères d’accès aux images animées de Giphy en forçant ses rivaux TikTok, Twitter ou Snapchat «à partager plus de données d’utilisateurs». Cela pourrait également favoriser Facebook dans la publicité en ligne alors que le géant internet contrôle déjà près de la moitié de ce marché au Royaume-Uni, qui totalise 7 milliards de livres, précise la CMA. Le régulateur a conclu, malgré des alternatives proposées par Facebook, que les risques pour la concurrence engendrés par cette fusion ne peuvent être résolus «que si Facebook vend Giphy entièrement à un autre acheteur approuvé».

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