C’est le nouveau pari de Mark Zuckerberg. Mardi 18 avril, le fondateur et patron de Facebook a dévoilé les premiers projets du réseau social dans le domaine de la réalité augmentée, cette technologie qui permet de superposer des objets virtuels dans le monde réel. «Cela va changer la manière dont nous utilisons nos smartphones», a-t-il assuré en ouverture de la conférence F8 destinée aux développeurs.

Après avoir tardé à prendre le virage du mobile puis celui de la caméra, Facebook ne veut pas rater cette prochaine évolution annoncée, symbolisée l’an passé par l’immense succès du jeu pour smartphones Pokémon Go. Le potentiel de la réalité augmenté est «beaucoup plus important que celui de la réalité virtuelle», estime Jan Dawson, analyste chez Jackdaw Research.

Des milliers d'options

Comme Snapchat, la société de Menlo Park permet déjà à ses utilisateurs d’ajouter des filtres ou des masques sur des photos et des vidéos. Mais elle souhaite désormais aller beaucoup plus loin. Exemples: ajouter des requins dansant autour d’un bol de céréales, laisser un Post-it virtuel sur le réfrigérateur ou encore effectuer une partie de bataille sur la table du salon.

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«Il y aura des milliers d’options, a promis Mark Zuckerberg. Il ne faut pas s’attendre à des changements considérables du jour au lendemain.» Il compte aussi sur les développeurs extérieurs, qui pourront proposer de nouveaux effets ou jeux en réalité augmentée aux 1,9 milliard d’utilisateurs du réseau social.

Cette ouverture constitue un avantage important sur Snapchat, qui préfère garder le contrôle sur sa plateforme. Quelques heures avant son rival, l’application de messagerie éphémère a présenté des objets en réalité augmentée, comme un nuage ou un arc-en-ciel, pouvant être insérés sur une photo ou vidéo. «Les démonstrations de Facebook semblent plus intéressantes mais elles ne sont pas encore disponibles», souligne Jan Dawson. Et d’autres concurrents pourraient bientôt se lancer, comme Google et Apple.

Difficile équation

Pour Mark Zuckerberg, il ne s’agit cependant que d’une première étape. «Le mobile va être la première plateforme grand public pour la réalité augmentée», explique-t-il. Mais, à plus long terme, il prédit l’arrivée de lunettes ou de lentilles de contact. «Il faudra attendre des années avant de voir des appareils qui fournissent une excellente expérience à un prix raisonnable», nuance Jan Dawson.

Les premières tentatives dans le domaine ne sont en effet pas très encourageantes. Dévoilées en 2012, les lunettes futuristes Google Glass n’ont jamais atteint la phase commerciale. Le casque HoloLens de Microsoft, montré pour la première fois en 2015, reste encore au stade de prototype, vendu 3000 dollars aux développeurs. Et la start-up américaine Magic Leap promet de lancer un casque révolutionnaire, qu’elle n’a cependant encore jamais présenté.

Facebook est bien placé pour juger de cette difficile équation. L’Oculus Rift, son casque de réalité virtuelle, connaît des débuts commerciaux difficiles. «Nous sommes un peu en retard par rapport à notre feuille de route», reconnaissait début février Mark Zuckerberg. La société ne baisse pas les bras. Elle travaille notamment sur un casque capable de fonctionner seul, sans être relié à un PC, ce qui permettrait de baisser les prix.