Réseaux sociaux

Facebook veut toujours plus s’inspirer de Snapchat

Le réseau social teste des filtres et des masques pour les photos et les vidéos

Facebook cherche toujours la riposte à Snapchat. Le réseau social, qui compte plus de 1,7 milliard d’utilisateurs dans le monde, s’apprête ainsi à lancer une énième offensive avec de nouvelles options photo et vidéo. Celles-ci ressemblant grandement de celles déjà proposées par l’application de messagerie éphémère, dont la forte popularité chez les moins de 25 ans est considérée comme une potentielle menace.

Ces fonctionnalités sont testées depuis la semaine dernière en Irlande. Elles font partie de ce que Facebook appelle «le nouvel appareil photo». Disponible sur l’application mobile, il propose désormais d’ajouter des filtres et divers effets. Comme sur Snapchat, des masques peuvent aussi être superposés sur le visage des utilisateurs. Les photos et les vidéos peuvent ensuite être partagées sur le fil d’actualités ou seulement avec quelques amis. Dans ce dernier cas de figure, ils deviennent alors éphémères: en l’absence de commentaires, ils disparaissent au bout de 24 heures.

Déjà en 2012

Ce n’est pas la première fois que l’entreprise de Menlo Park copie Snapchat. Sa première tentative remonte à décembre 2012. Un après les débuts de son rival, Facebook lance l’application Poke, qui reprend le concept de messages disparaissant au bout de quelques secondes. Un échec. Mark Zuckerberg, le fondateur et patron du réseau social, essaie ensuite de racheter Snapchat pour 3 milliards de dollars. Mais son offre est rapidement rejetée.

En 2014, Facebook tente à nouveau sa chance avec Slingshot. C’est un nouvel échec. L’offensive s’est accentuée depuis le début de l’été. Depuis juillet, les messages éphémères sont disponibles partout dans le monde au sein de Messenger. Depuis août, Instagram (que Facebook a acquis en 2012) permet aux utilisateurs de créer des «stories» regroupant des photos et de courtes vidéos. Même nom, même délai de 24h avant la disparition des photos et vidéos, mêmes options que sur Snapchat.

L’importance de la vidéo

Selon l’agence Bloomberg, Snapchat attire plus de 150 millions de personnes par jour. C’est sept fois moins que Facebook mais ces utilisateurs sont plus actifs que sur le réseau social. Le caractère éphémère incite à davantage partager. «Les photos et vidéos n’ont pas à être de très bonne qualité parce qu’elles vont de toute façon disparaître», estime Justin Kan, le fondateur de Twitch, fervent adepte de Snapchat.

La société de Venice devance aussi Facebook dans la vidéo. Chaque jour, plus de dix milliards de clips sont visionnés sur l’application. Or, Mark Zuckerberg considère les vidéos comme l’avenir de Facebook. Le réseau se doit donc de proposer les fonctionnalités les plus populaires. Ainsi, il souhaite également reprendre le principe de Prisma, une nouvelle application qui transforme les images en toiles de maître.

Recettes publicitaires

L’objectif de Facebook est d’éviter que ses utilisateurs testent ces plates-formes, en leur proposant de faire la même chose sans avoir à rebâtir leur réseau d’amis et de contacts. Cette stratégie avait déjà été suivie avec l’arrivée des vidéos sur Instagram, afin de contrer le lancement de Vine, l’application de Twitter permettant de créer des clips de six secondes, qui va bientôt fermer ses portes. Ou plus récemment avec Facebook Live, la plate-forme de diffusion de vidéos en direct, riposte à Periscope de Twitter.

Facebook espère aussi limiter la percée de Snapchat sur le terrain publicitaire. Si elle reste encore en retrait, l’application est de plus en plus utilisée par les marques. Elle leur offre une audience plus active et davantage de moyens créatifs pour interagir avec elle. La société miserait sur un chiffre d’affaires d’au moins 300 millions de dollars cette année, soit cinq fois plus qu’en 2015. Et le cabinet eMarketer estime que Snapchat pourrait générer un milliard de dollars l’an prochain.

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