Fidèles à leurs habitudes monopolistes, les dirigeants du numéro un mondial de la production de diamants et leurs alliés miniers ont procédé à un tour de passe-passe qui garantit certes une meilleure valorisation de leurs sociétés, mais ne laisse pas l'once d'un choix à leurs actionnaires. Certains analystes, mécontents de voir ainsi De Beers échapper au public derrière Anglo-American, société aux caractéristiques différentes, recommanderont le rejet de l'offre. Probablement en vain: le titre De Beers risquerait de s'effondrer en cas d'échec.

Cela dit, le moment choisi pour effectuer cette opération est idéal: De Beers n'a jamais connu année plus favorable que l'an 2000, et les perspectives sont nettement moins bonnes. C'est donc maintenant qu'il convient, pour la toute-puissante famille Oppenheimer (3 milliards de dollars de fortune), de tirer les bonnes conclusions. Et de poursuivre la mutation de la société sud-africaine.

Après l'opération «Diamants propres» de l'an dernier, lors de laquelle il s'est retiré de tous les pays producteurs en guerre, De Beers veut préparer son entrée dans le lucratif marché du détail. La nouvelle structure lui donne un atout pour infléchir l'intransigeance des gardiens américains de la concurrence.