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La faible productivité de la Suisse préoccupe le Seco

La hausse des emplois para-étatiques (+17%) constatée depuis 2008 est pointée du doigt

La faible productivité de la Suisse préoccupe le Seco

Conjoncture La hausse des emplois para-étatiques (+17%) constatée depuis 2008 est pointée du doigt

A l’heure du bilan 2014 et des perspectives économiques de l’année entamée, Boris Zürcher, chef de la direction du travail auprès du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), a fait part, vendredi à Berne, d’une certaine préoccupation face à la faible augmentation de la productivité en Suisse.

Après une brusque chute en 2008 due la crise financière, la productivité s’est redressée pour retrouver, en 2010, un niveau proche de celui d’avant-crise. Mais depuis cette date, à part une petite embellie à la fin de l’année 2013, la courbe de productivité est presque plate. «A long terme, cette quasi-stagnation est problématique», note Boris Zürcher, qui livre une analyse en lien avec le changement de structure dans la formation des emplois.

La comparaison des emplois créés durant les 6 ans avant la crise, soit du troisième trimestre 2002 au troisième trimestre 2008, avec ceux créés de 2008 à 2014 est frappante.

Mutation structurelle

Jusqu’en 2008, toutes les branches économiques contribuaient à la création d’emplois. Depuis, certains moteurs de croissance de l’emploi ont calé ou ralenti. C’est le cas du secteur financier (différence négative de 7700 emplois), de l’industrie (–79 400) de l’hôtellerie-restauration (–27 800). Par contre, d’autres secteurs ont explosé, comme l’enseignement (différence positive de 20 400), l’administration publique (+14 700), la santé et le social (+15 200). Or, constate Boris Zürcher, ces emplois étatiques ou para-étatiques sont moins productifs, en termes économiques, que ceux de l’économie libre.

De 2008 à 2014 le nombre d’emplois dans les services para-étatiques a progressé de 17,2%, alors que dans l’industrie il a diminué de 5,2%. A l’heure où des solutions sont étudiées par le Conseil fédéral pour limiter les permis de travail liés à l’immigration tout en ne violant pas le principe de libre circulation des personnes régissant les accords avec l’Union européenne, Gottlieb Keller, président de Scienceindustries (chimie, pharmacie), propose le gel de la création d’emplois dans le secteur public afin de «libérer des permis» pour les secteurs dits productifs.

Fort pouvoir d’achat

Boris Zürcher n’entend pas se prononcer sur cette proposition, mais constate que «le secteur public et para-étatique est en concurrence avec le secteur privé sur le marché de l’emploi». La stagnation de la productivité n’est pas ressentie comme un phénomène grave, car elle est masquée par l’augmentation du pouvoir d’achat dû à la baisse des prix des produits importés. En décembre 2014, l’indice des prix a fléchi de 0,5%, alors que le renchérissement annuel moyen a été nul l’an dernier. Les courbes de productivité et du pouvoir d’achat s’éloignent depuis fin 2010.

La croissance du PIB est cependant au rendez-vous. «La Suisse croît relativement vite et, phénomène rare, aussi vite que les Etats-Unis», relève Boris Zürcher. L’augmentation du PIB devrait progresser de 0,3 point de pourcentage à 2,1% cette année, pour atteindre 2,4% en 2016.

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