Les prix de l'immobilier au Royaume-Uni ont reculé en novembre pour le troisième mois consécutif, selon l'enquête mensuelle de la banque Halifax publiée mercredi, un essoufflement inattendu qui pourrait pousser la Banque d'Angleterre à assouplir sa politique monétaire. Les prix ont diminué de 1,1% en novembre, après déjà un repli de 0,7% en octobre (chiffre révisé par rapport à l'estimation précédente qui était de 0,5%) et de 0,6% en septembre.

La hausse sur un an a ralenti à 6,3%, contre 8,9% en octobre, a précisé Halifax dans un communiqué, et le prix moyen d'un logement, ajusté des variations saisonnières, s'est établi à 198895 livres, soit environ 273500 euros. Ces chiffres, qui corroborent l'enquête mensuelle de la société de crédit immobilier Nationwide, publiée il y a quelques jours, et faisant état d'un recul de 0,8% des prix immobiliers en novembre, pourraient pousser la Banque d'Angleterre (BoE) à baisser jeudi ses taux d'intérêts, actuellement fixés à 5,75%, alors que le marché tablait plutôt jusqu'ici sur un statu quo, selon des économistes.

Ménages sous pression

«Le marché immobilier a ralenti ces derniers mois sous l'effet de la remontée des taux d'intérêt intervenue entre juillet 2006 et juillet 2007», a souligné Martin Ellis, chef économiste de la banque Halifax, filiale du groupe bancaire HBOS. Selon lui, «la hausse des remboursements des crédits et la baisse des revenus réels ont mis sous pression les revenus des ménages, ce qui a provoqué un ralentissement de la hausse des prix des logements et de l'activité» du marché, avec un recul de 15% sur un an du nombre de transactions conclues le mois dernier, et une baisse de 32% des approbations de prêts par rapport à un an plus tôt. Cependant, il a estimé que «des fondamentaux sains et une pénurie structurelle de logements vont soutenir les prix immobiliers».

Howard Archer, chef économiste de Global Insight, a souligné qu'il s'agissait de la baisse mensuelle la plus importante enregistrée depuis décembre 2006, et que «c'est la première fois depuis 1995 que les prix immobiliers reculent trois mois de suite». Il a affirmé que ce nouveau recul «amène à se demander si le marché immobilier n'est pas au bord d'une forte correction», et que cela «donnait un argument à la Banque d'Angleterre pour baisser ses taux d'intérêt d'un quart de point à 5,50% jeudi», lors de sa réunion de politique monétaire. Jusqu'ici, il tablait sur le statu quo, comme la majorité des économistes.

Correction des prix

Même son de cloche chez Lehman Brothers, qui juge que «la faiblesse des indicateurs immobiliers, et les signes d'une contagion au niveau de la confiance des ménages, est l'un des principaux arguments pour que le comité de politique monétaire de la BoE assouplisse ses taux». La banque parie désormais à 60% sur une baisse d'un quart de point, à 5,50%, et à 5% sur une baisse d'un demi-point, qui ramènerait le taux directeur britannique à 5,25%. «Les chiffres d'aujourd'hui suggèrent nettement que la correction des prix que nous avions annoncée a démarré», a commenté Seema Shah, de Capital Economics, estimant que la baisse pourrait se poursuivre.