Un «scénario de film». Mercredi dernier, les huit employés genevois de l’une des plus grosses entreprises danoises, OW Bunker, ont reçu un courriel leur enjoignant d’annuler toutes les livraisons en cours car les paiements de l’entreprise étaient suspendus. Une véritable débandade à la rue Adrien-Lachenal. «Les coups de fil des clients paniqués arrivaient de partout. La faillite d’OW Bunker a créé un véritable séisme dans l’industrie», commente une source proche de l’entreprise. A Genève, le groupe emploie huit traders.

OW Bunker a annoncé un dépôt de bilan jeudi dernier, cinq mois après son entrée en bourse – la deuxième plus grosse arrivée sur le marché depuis 2010 au Danemark. Le dernier chapitre de la banqueroute du géant danois n’a pourtant pas encore été écrit. Pour l’heure, seules deux filiales de l’entreprise (qui garantissent l’essentiel des activités du groupe) ont déposé leurs bilans. La semaine dernière, OW Bunker a révélé que des cadres sa filiale singapourienne Dynamic Oil Trading avait commis des irrégularités qui allaient lui coûter 125 millions de dollars. Dans la foulée, les banques ont annoncé qu’elles lâchaient le groupe, ce qui en a précipité la faillite.

En quête de travail

OW Bunker est l’un des leaders mondiaux du «bunker fuel» (un type de carburant utilisé par les tankers et les cargos). Concrètement, l’entreprise joue le rôle de «station-service» pour les sociétés convoyant toutes sortes de matières premières autour de la planète. Ses 1000 employés – dont 450 traders – fournissaient 7% de l’ensemble du «bunker fuel» utilisé sur la planète.

Contacté, le bureau genevois d’OW Bunker se refuse à tout commentaire. Joint par téléphone, l’un des porte-parole du groupe se borne à répondre que «la société lui doit de l’argent aussi à lui». Les traders de l’antenne genevoise (qui, elle, n’est pas encore officiellement déclarée en faillite) continuent d’aller au travail – même s’il n’y a plus rien à faire. «Aujourd’hui, ils sont surtout en train de chercher du travail», relève notre source.