Le juge a prononcé, le 3 juillet, la faillite de la société genevoise Interwage. Vingt-trois personnes ont été licenciées et leurs bureaux sont depuis sous scellés. «C'est vrai. Nous avons cessé nos activités», confirme Christian Michel, l'un des actionnaires d'Interwage. L'entreprise genevoise, spécialisée dans le développement de logiciels servant à traiter avec une seule base de données et à partir d'un seul emplacement le salaire de l'ensemble des collaborateurs d'une multinationale éparpillés dans le monde, a été victime «d'une rupture de trésorerie». Et ce au moment où elle venait de signer un contrat avec ses deux premiers clients.

«Nous avions un excellent produit, que nous avons réalisé dans les temps et sans dépasser notre budget (le business plan prévoyait 5 millions de francs, ndlr). Avec le ralentissement économique, beaucoup de multinationales hésitent ou tardent à prendre des décisions pour acheter notre outil. Entre-temps, de notre côté, nous devons payer les salaires de nos propres employés», explique Christian Michel.

Depuis sa création en 1999, Interwage a accumulé une série de malheurs. Le concept du logiciel produit par l'entreprise genevoise est né au sein du groupe Elf-Aquitaine. Lorsque celui-ci décide de se séparer de cette activité, le groupe Valmet reprend ce produit informatique afin de le proposer à d'autres multinationales. Au départ, l'entreprise était donc une division du groupe français Valmet, avant de voler de ses propres ailes en mars 2000. Acquise par six personnes, dont Christian Michel ne dévoile pas l'identité, Interwage a déjà frôlé la faillite en août 2001. A l'époque, elle a procédé au licenciement d'une cinquantaine de collaborateurs, mais avait réussi à trouver de nouveaux capitaux in extremis.

Pionniers en Suisse romande

Mais en janvier dernier, le brusque décès de son directeur général, Jean-Charles Cartier, a fragilisé l'entreprise. Son collègue et ami, Baudoin d'Aumeries, directeur exécutif, a dû reprendre les rênes de la société au pied levé. Les deux compères étaient les premiers, en Suisse romande, à avoir fourni des accès à Internet, sous le nom de Span, société rachetée depuis par Cable & Wireless. Après cette vente, ils avaient décidé de mettre leur compétence d'entrepreneur au service d'Interwage. Le sort en a décidé autrement.

Aujourd'hui, Christian Michel ne désespère pas de trouver un acquéreur pour racheter l'entreprise en faillite. «Tant que les conditions de reprise ne sont pas fixées avec notre partenaire – une seule entreprise –, je ne peux pas en dire plus, précise-t-il. J'espère conclure d'ici deux à trois semaines.»