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© Bloch Ghislaine (blg)

Commerce

En faillite, Switcher ferme ses boutiques

L’entreprise vaudoise de textile a totalisé 9 millions de pertes durant les cinq premiers mois de 2016

Le Tribunal d’arrondissement de Lausanne a prononcé jeudi matin la mise en faillite de Switcher, la marque de vêtements à la baleine jaune. Surendettée et insolvable, l’entreprise lausannoise a totalisé 9 millions de francs de pertes durant les cinq premiers mois de 2016. Depuis 2013, elle enregistrerait plus de 20 millions de pertes cumulées. 

Dans les boutiques Switcher de Lausanne, les vêtements ont été pliés dans des cartons et les mannequins en plastique ont tous été démontés. Les stocks seront désormais sous scellés et l’office des poursuites et des faillites procédera à l’inventaire des biens saisis. Un recours contre la décision du Tribunal d’arrondissement est toutefois encore possible dans un délai de 10 jours. Certains fournisseurs espèrent, grâce à un sursis concordataire, être mieux dédommagés.

Les représentants des créanciers, cités par l’ATS, ont regretté le manque d’informations sur la réelle situation comptable de l’entreprise. L’un d’entre eux – représentant des fournisseurs portugais – s’est réservé le droit de recourir contre la faillite, si le surendettement n’était pas prouvé. Il y a deux semaines, les créances atteignaient 4,6 millions de francs. D’autres cas pourraient s’annoncer.

L’office des faillites organisera lundi dans les locaux de Switcher, au Mont-sur-Lausanne, une séance d’information pour les quelque quarante employés qui seront licenciés. «Je suis soulagé que la faillite ait été prononcée, dit pour sa part Robin Cornelius, présent à l’audience (contrairement à la famille Duraiswamy). Sinon, le personnel qui n’est plus payé depuis deux mois ne pourrait pas toucher le chômage.» «La faillite est la meilleure solution pour que les employés puissent faire valoir leurs droits», estime le syndicat Unia, mandaté par une majorité des collaborateurs pour les représenter et défendre leurs intérêts.

L’ex-directeur de la société, Alban Depuis, a quitté l’entreprise au début du mois de mai. Quant aux actionnaires, ils sont en guerre et communiquent par avocats interposés. Robin Cornelius, le fondateur de la marque qui a quitté le groupe en 2014 en désaccord avec le management, détient encore 14% de Switcher alors que la famille Duraiswamy, en Inde, en possède 86%. Celle-ci accuse Robin Cornelius d’être à l’origine du non-paiement des employés. De son côté, Robin Cornelius a lancé une procédure en poursuite pour 700 000 francs à l'encontre de la famille propriétaire et a porté plainte pour diffamation.

Maintenant que la faillite a été prononcée, peut-on imaginer qu’un repreneur s’intéresse à la marque lausannoise, considérée il y a peu, comme un fleuron du commerce équitable? Si Robin Cornelius a fait savoir qu’il ne reprendrait pas Switcher, il s’est dit prêt à tout entreprendre pour la relancer, en rassemblant notamment le personnel, les créanciers, les fournisseurs et les clients. Switcher pourrait en effet connaître une deuxième vie. Certains employés, menés par Marc Joss, ex-directeur des ventes et du marketing, seraient prêts à reprendre le flambeau.

Lire aussi: Robin Cornelius: «Je suis prêt à relancer Switcher»

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