Le thème «Femmes» représente-t-il encore un enjeu dans le monde du travail? La réponse dépend de quel côté de la Sarine on se place. Mardi dernier, à Zurich, le mouvement Taten statt Worte, actif depuis 1986 dans la promotion de la femme au niveau des entreprises et estimant ses buts atteints, prononçait sa dissolution. Le même jour, au Centre patronal de Paudex (VD), l'association Pacte* se créait, afin de reprendre le flambeau et de renouveler les objectifs du mouvement «des paroles aux actes», lancé en 1988 par Christiane Langenberger, sur le modèle de Taten statt Worte. Présente mardi soir, la conseillère aux Etats a salué l'assemblée constituante de Pacte en soulignant la nécessité de renforcer la solidarité entre femmes au moment où le baromètre de l'économie est au plus bas. Christiane Langenberger tire un bilan en demi-teinte. «Rien n'est jamais gagné, reconnaît-elle, car en Suisse romande, il a fallu, dès le départ, adapter le mouvement Pacte à des conditions financières et économiques moins vastes qu'en Suisse alémanique, cela a été difficile.» Qu'est-ce qui distinguera la toute nouvelle association d'autres clubs de femmes actives professionnellement? Françoise Piron, présidente de Pacte, entend favoriser les rencontres de femmes issues de formations différentes. «Nous voulons ouvrir Pacte aux femmes qui ont une histoire de vie professionnelle et pas seulement une carrière», ajoute-t-elle, tout en soulignant la nécessité de nouer un maximum de partenariats avec d'autres associations, y compris en Suisse alémanique, afin d'unir les forces en présence.

Pacte a deux priorités pour 2003: créer un réseau de femmes actives professionnellement au niveau romand et lancer un programme de mentorat femme à femme, à l'intention de ses membres afin de les aider dans leur développement professionnel. Pacte s'adresse également aux entreprises et aux employeurs pour les accompagner dans leur programme «égalité des chances». Françoise Piron ne cache pas que dans ce domaine, «l'engagement des entreprises a beaucoup fluctué au cours de ces dernières années». Elle craint un certain recul des acquis: «Nous aimerions beaucoup mettre des exemples en valeur et organiser des manifestations en entreprise.» Pour cela, Pacte a besoin de soutiens financiers. Et l'on s'étonnera dès lors de la modestie des moyens escomptés: un budget annuel de 30 000 francs suisses. Reste à «agir plus marketing» comme le concède sa présidente.

Corinne Moesching

* http://www.pacte.ch