Que de chemin parcouru! Il y a un peu plus d’un an, nous testions la première version du Fairphone, le smartphone à visée éthique conçu par une société néerlandaise. En ce début d’année 2016, la version 2 de ce portable commence à être livrée dans certains pays, dont la Suisse. Tant au niveau du design que de ses capacités, l’appareil a sensiblement progressé. Hélas, son prix aussi, puisqu’il est passé de 375 à environ 585 francs. Il peut être commandé via le site http://fairphone.faircustomer.ch/

Inutile de comparer les performances du Fairphone 2 avec celle d’un iPhone 6S ou d’un Samsung S6. Le smartphone ne vise pas à être une bête de course. Ses concepteurs l’ont réalisé en tentant d’abord d’y insérer un minimum de minerais (il y en a au total 40 sortes différentes) issus de régions en guerre. Ainsi, l’or, le tungsten, l’étain et le tantale utilisés dans l’appareil proviennent de sources sûres. Il reste encore beaucoup de travail, admettent les concepteurs du Fairphone, qui ont en parallèle amélioré le suivi des travailleurs de l’usine d’assemblage située en Chine. En parallèle, la durée de vie du Fairphone a été améliorée et son coût pour la première fois décortiqué. Sur les 525 euros du prix de base, 340 sont dus aux composants et à l’assemblage, dont 67 sont investis dans des programmes à visée sociale et environnementale. En outre, 118 euros sont destinés à payer des taxes et des revendeurs (il n’y en a pas encore en Suisse, l’appareil se commande sur fairphone.com) et 25 euros sont employés pour faire fonctionner l’entreprise Fairphone. Le détail des coûts et des projets sont très bien expliqués sur son site web.


En vidéo. Notre test du Fairphone 2


Grand écran

Revenons à l’appareil. Il est grand (diagonale de 5 pouces, soit 12,5 centimètres), assez lourd (168 grammes avec la coque arrière) et son design est quelconque. Le dos en plastique sert de coque de protection, qui donne au Fairphone un look d’appareil de chantier. L’appareil photo arrière n’est plus proéminent, ce qui est un bon point. On remarque qu’une fois la coque arrière enlevée, apparaissent une quinzaine de petites vis jaunes: l’appareil se démonte presque entièrement à l’aide d’un simple tournevis, permettant à l’utilisateur de changer très simplement un capteur photo ou l’écran. Tous les composants s’achètent directement sur le site de la société. Cela permet ainsi de réparer le Fairphone, mais aussi de le faire évoluer lorsque des composants de meilleure qualité seront disponibles. La batterie, évidemment amovible et dont le remplacement coûtera une vingtaine de francs, offre une autonomie d’une journée.

Non subventionné

Le Fairphone intègre la version 5,1 du système Android de Google et tient ainsi la comparaison avec ses concurrents. Il est bien sûr possible de télécharger toutes les applications usuelles. Les performances de l’appareil sont plutôt bonnes (des jeux gourmands en puissance ont été testés), même si l’on constate parfois un temps de latence entre deux opérations. L’écran, avec une résolution de 446 pixels par pouce, est de très bonne qualité, alors que les deux capteurs photo sont corrects. L’appareil est doté d’une radio FM et bien sûr du Wi-Fi et de Bluetooth.

En deux mots, un smartphone de qualité, le seul avec une visée éthique, hélas non subventionné par Swisscom, Sunrise et Salt. Il intéressera donc des consommateurs avec un budget relativement large.