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Le premier ministre de Malaisie Najib Razak est lui aussi pris dans l'immense scandale financier 1MDB. (AFP /  MOHD RASFAN)
© MOHD RASFAN

Banques

Falcon Private Bank touchée par le scandale financier 1MDB

La banque privée et deux anciens présidents de son conseil d’administration sont cités à de nombreuses reprises dans une plainte civile aux Etats-Unis. Ses comptes auraient notamment servi à transférer de l’argent détourné

L’affaire 1MDB continue à faire des dégâts sur la place financière suisse. Il y a eu d’abord la banque privée tessinoise BSI dont la Finma a ordonné le démantèlement au mois de mai pour cause de «lacunes graves» en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. RBS Coutts et UBS ont également vu leur nom être lié de près ou de loin à ce scandale financier.

Une plainte civile déposée le 20 juillet dernier outre Atlantique par les Etats-Unis eux-mêmes, et dont le but est la saisie d’actifs liés au scandale, met en lumière le rôle d’une autre banque implantée à Zurich et à Genève: Falcon Private Bank. Le nom de cet établissement – racheté à AIG en 2009 par IPIC, un fonds souverain d’Abu Dhabi – apparaît à 21 reprises dans le document de 136 pages disponible sur le site du Département américain de la justice (DoJ).

Lire aussi: Violente charge des autorités suisses contre la banque BSI

Cette plainte révèle, par le menu, comment une clique organisée est parvenue à détourner 3,5 milliards de dollars au moins des caisses du fonds d’investissement 1Malaysia Development Berhad (1MDB) entre 2009 et 2013. Un fonds contrôlé par le gouvernement malaysien dont l’objectif était de promouvoir le développement économique dans le pays.

Tableaux, immobilier, cinéma

En réalité, 1MDB a permis à une poignée d’individus de s’enrichir frauduleusement, d’acheter des tableaux de maîtres, des appartements de luxe et d’investir des millions de dollars dans la superproduction hollywoodienne «The Wolf of Wall Street», souligne la justice américaine.

La plainte américaine implique des proches du premier ministre malaysien Najib Razak. Si son nom n’est pas mentionné, il serait, selon The Guardian, celui que le DoJ surnomme «Malaysian Official 1».

Lire aussi: UBS rattrapé par le scandale du siècle en Malaisie

La plainte implique aussi Khadem Al Qubaisi et Mohammed Al Husseiny, deux anciens dirigeants d’IPIC qui ont surtout oeuvré, l’un après l’autre, en tant que président du conseil d’administration de Falcon Private Bank. Leurs noms apparaissent dans le cadre du détournement de plus de 2 milliards de dollars qui a eu lieu suite à des émissions obligataires réalisées en 2012 et en 2013 par 1MDB avec l’aide de Goldman Sachs.

Le document du DoJ affirme qu’une partie de cet argent a été utilisée, via des comptes en Suisse, «pour effectuer des paiements substantiels à Qubaisi, Husseiny, Malaysian Official 1 et 1MDB Officer 3». Plus de 907,5 millions de dollars seraient notamment arrivés le 21 mai 2012 sur un compte de Falcon Private Bank avant qu’une partie, 577 millions, ne soit renvoyée le lendemain sur un compte de BSI.

Toujours selon la plainte américaine, un compte auprès de Falcon Private Bank appartenant à une société écran dénommée «Tanore» aurait servi à acheter pour des dizaines de millions de dollars d’œuvres d’art. Il est notamment question de tableaux de Van Gogh et de Jean-Michel Basquiat. Le tout «sans aucun bénéfice pour 1MDB», précise le document.

Un don de 680 millions

En Malaisie, les 680 millions de dollars reçus par le premier ministre sur son compte personnel sont officiellement présentés comme un don de la famille royale saoudienne. Un ancien collaborateur de Falcon Private Bank en Suisse assure toutefois au Temps qu’il est impossible qu’un transfert d’une telle taille, qui représentait «5% des avoirs sous gestion de la banque à l’époque», n’ait pu avoir lieu sans que le «top management et le service compliance» de l’établissement ne se posent des questions. «D’autant plus qu’il était destiné au compte privé du premier ministre d’un Etat», poursuit-il.

La banque et ses dirigeants ont-ils fait leur travail pour empêcher que leur établissement ne serve à blanchir de l’argent? Les enquêtes, qui ont lieu en Suisse, à Singapour et aux Etats-Unis, le diront. Pour l’heure, la Finma rappelle simplement qu’elle a ouvert cinq procédures dites «d’enforcement» dans le cadre de cette affaire. Sans plus de précisions.

Licenciements et demande d’extradition

En attendant, Khadem Al Qubaisi et Mohammed al Husseiny, qui menaient des vies de milliardaires selon l’ancien de la banque, ont été démis de leurs fonctions au sein d’IPIC, selon Reuters. Le second, qui disposerait du passeport américain, ferait même l’objet d’une demande d’extradition des Etats-Unis.

Contactée, la banque suisse n’a pas souhaité commenter cette affaire pour des raisons de confidentialité. Elle souligne toutefois que Mohammed Al Husseiny a quitté le conseil d’administration en 2013. Un communiqué de presse, toujours visible sur le site de la banque, fait pourtant état de son retour au sein de l’établissement en avril 2015.

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