Technologies de la santé

La famille Campus Biotech à Genève s’agrandit

L’ex-siège de Merck Serono se dote d’un pôle entrepreneurial réunissant pour la première fois sous un même toit les principaux incubateurs romands des sciences de la vie

Nom de code: CBIP, pour Campus Biotech Innovation Park. Inaugurée lundi, la nouvelle plateforme genevoise vise à soutenir les startupers dont les idées pourraient révolutionner les sciences de la vie à l’échelle mondiale. La structure, qui a ouvert ses portes en février dernier, vient compléter le biotope dédié aux neurosciences et à la médecine numérique occupant depuis 2015 l’ancien périmètre de Merck Serono, racheté par les milliardaires suisses Ernesto Bertarelli et Hansjörg Wyss. Elle abrite déjà, en vrac, le groupe zurichois Relief Therapeutics, Quartz Bio et le Geneva Biotech Center. Soit trois entreprises fondées par des ex-collaborateurs de Merck-Serono ayant perdu leur emploi suite à la fermeture du site en 2012.

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Parmi les autres élus, figure aussi le groupe genevois HC2 Healthcare and Pharma, la PME israélienne Signals Analytics et la Fondation Esperare. Le spécialiste genevois des maladies du système nerveux Addex, l’un des champions de l’EPFL Sophia Genetics, la société chinoise Biostime et des représentants de sa nouvelle filiale australienne Swisse doivent à terme rejoindre le dispositif.

Une nouvelle pierre à l’édifice

«Le CBIP complète l’écosystème de Sécheron [ndlr: composé essentiellement de chercheurs, provenant notamment de l’Université et des Hôpitaux universitaires de Genève, du Wyss Center et du Human Brain Project], en y intégrant des entreprises en démarrage actives dans la pharma, les biotechs, les medtech et l’e-health. Le dispositif offre pour la première fois un système d’innovation totalement intégré, de la phase d’initiation, à celle d’amorçage, jusqu’à l’accélération de la société», indique Antonio Gambardella. Le directeur de la Fongit est ici copartenaire de l’initiative avec Eclosion – qui a du coup déménagé de Plan-les-Ouates au Campus Biotech – et l’EPFL Innovation Park. C’est même là parmi les caractéristiques les plus inédites de la démarche: les trois principaux incubateurs de Suisse romande – ensemble, ces pouponnières regroupent actuellement près de 200 jeunes pousses – ont décidé de joindre leurs forces.

Atteindre une masse critique

Cette dynamique collaborative, en gestation depuis 2015, s’est concrétisée en début d’année dans le bâtiment F2, ancien quartier général de Serono. Surnommé «immeuble Caucescu» en raison de son aspect rigoriste qui tranche avec le reste des infrastructures du site, la tour qui abrite aussi les fonds de capital-risque Ginko Oartners et Nokia Growth Partners (un représentant seulement), a été rénovée.

Parmi les hôtes, on peut encore citer le spécialiste genevois de la bio-informatique GeneGIS, l’association organisatrice de salons technologiques internationaux Tech Tour, regroupant également des investisseurs friands de sociétés à fort potentiel. Cerise sur le gâteau: le CBIP abritera aussi l’espace de travail partagé Geneus.ch (cf site), le premier «initiateur d’invention» dans les sciences de la vie, permettant aux scientifiques du Campus Biotech de se muer en entrepreneurs avec le soutien de coachs.

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