Nouveau coup de froid à Fleurier (NE). Vaucher Manufacture (VMF), la société sœur de la marque Parmigiani, envisage de se séparer de plus de 50 de ses 170 collaborateurs.

L’entreprise spécialisée dans la fabrication de mouvements lance une procédure de consultation pour préparer un licenciement collectif, a-t-elle annoncé mardi dans un communiqué. «Dans un contexte économique difficile qui a entraîné une diminution abrupte des commandes, cette décision permettra de pérenniser les 120 emplois restants ainsi que nos savoir-faire».

Cette annonce intervient six mois après que Parmigiani, qui fait également partie du pôle horloger de la Fondation de Famille Sandoz, a elle aussi recouru à des licenciements. Une trentaine de postes devaient d’abord être supprimés, mais ce nombre a finalement été réduit à dix-sept, grâce notamment à des transferts chez Vaucher Manufacture. En quelques mois, la marque s’est également séparée de la quasi-totalité de l’équipe de direction, à commencer par le très médiatique Jean-Marc Jacot, l’automne dernier.

«Le vent a tourné»

Dans le Val-de-Travers, la question est désormais omniprésente: que veut faire la famille Sandoz de son pôle horloger, pour lequel elle a déjà investi des dizaines de millions de francs? Contacté mardi, son porte-parole est catégorique: «Il n’est pas question de se séparer des activités horlogères. La Fondation de Famille Sandoz est un investisseur patient mais, comme d’autres dans ce secteur, elle ne peut que constater que le vent a tourné et qu’il faut s’adapter».

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En plus de fournir Parmigiani et son autre actionnaire depuis 2006, la Montre Hermes, l’entreprise a toujours aspiré à livrer d’autres marques positionnées dans le haut de gamme, que ce soit en mouvements ou en têtes de montres (boîte, mouvement, affichage). Mais la demande n’a jamais vraiment décollé à la hauteur de ses espérances. Et elle baisse depuis plusieurs années, alors que des dizaines d’horlogers ont eux aussi investi pour internaliser toute ou partie de leur production. En 2009, VMF comptait encore 250 employés.

Pour Vaucher, c’est une «crise»

Le chômage partiel, introduit en 2015 pour l’ensemble des effectifs, devait être reconduit en 2016. Mais VMF y a finalement renoncé, étant donné l’ampleur de la baisse des commandes.

Certains responsables horlogers refusent de parler de crise pour considérer la situation actuelle. En dépit de la baisse continue des exportations de montres, ils comparent leur niveau encore élevé, par rapport à la précédente décennie.

A Fleurier, «crise» est pourtant bien le qualificatif utilisé par Vaucher Manufacture. «Devant l’ampleur et la durée inattendues de cette crise, l’entreprise a entamé une démarche de consultation des employés afin d’éviter des licenciements». VMF s’est donné deux semaines pour trouver des solutions et «garantit que les employés bénéficieront, le cas échéant, d’un plan social digne».