Après avoir erré sans direction durant six mois, le dollar a fini par chuter, perçant tous les supports. La nouvelle tendance baissière semble difficile à arrêter et nos chartistes estiment que les prochains supports se situent aux alentours de 1,1825, puis 1,1200 franc. La question est donc: cela vaut-il la peine de continuer à hedger des portefeuilles libellés en dollars? Oui, car nous pensons que le dollar va continuer à chuter.

Pour des raisons fondamentales, nous pensons que les risques associés au dollar dépassent les opportunités, en particulier depuis que la Réserve fédérale américaine, gardien du billet vert, a tenu un discours baissier sur ce dernier le 21 octobre. Janet Yellen, gouverneur de la banque centrale de San Francisco, a mis en garde contre la «valeur relativement élevée» du dollar, qui serait responsable d'une détérioration persistante des déséquilibres de la balance commerciale, ce qui constitue une menace pour l'économie américaine. Ce n'était pas la première fois qu'un gouverneur de banque centrale parlait plus ou moins clairement de la nécessité que le dollar poursuive sa correction. L'on peut légitimement penser que les autorités américaines entendent utiliser la faiblesse du dollar pour forcer l'Europe et l'Asie à accroître leur contribution à la croissance globale. Une autre raison de penser que le dollar devra chuter davantage vient aussi du discours de Janet Yellen, qui a affirmé que l'économie américaine n'avait pas encore «surmonté le pire» et que les hausses futures des taux d'intérêt dépendront des «événements futurs».

Nous trouvons le ton des responsables de la Fed de moins en moins optimiste à présent que les données macroéconomiques s'avèrent moins encourageantes aux Etats-Unis. Le consensus s'accorde désormais à dire que la Fed marquera une pause brève en décembre en ne relevant pas les taux. Mais nous pensons que la Fed gardera le statu quo même plus longtemps au vu du ralentissement de la croissance. Le différentiel entre les taux américains et européens devrait donc contredire les attentes en se stabilisant en faveur de l'euro au détriment du dollar.