«Il faut investir davantage dans des actifs réels»

Le Temps: Quel est l’effet du rebond des taux sur la partie obligataire des caisses de pension?

Jacques Grivel: Pendant le premier trimestre, les investisseurs ont profité des gains de cours tant que les rendements des emprunts d’Etat continuaient de descendre. On a depuis sifflé la fin de la récréation. Certes, des taux plus élevés sont plus sains pour l’économie dans son ensemble, mais la phase de transition n’est pas facile à maîtriser pour les gérants. Leurs actifs incluent un tiers d’obligations, un tiers d’actions et un tiers d’immobilier. Le retournement de tendance sur les taux peut coûter extrêmement cher. Par exemple, une hausse de 1% de taux sur l’indice obligataire Swiss Bond Index correspond à une perte de capital de 7%. Avec les obligations, vous n’avez pas de rendement et vous supportez des risques importants. Investir dans les obligations est irresponsable actuellement.

Certains redoutent aussi une bulle sur les actions. Que faire?

– Il faut investir davantage dans des actifs réels, moins affectés par les variations de taux. Comme des placements dans les infrastructures, le capital-investissement, la dette privée, le leasing ou certaines activités dans le financement du négoce. Mais diversifier les avoirs des institutions de prévoyance ne peut se faire que graduellement.

Si l’économie aux Etats-Unis se redresse, les emprunts américains redeviendront-ils plus attrayants?

– Oui, mais il faut tenir compte des risques de change. Si vous obtenez un rendement de 3% avec des obligations américaines, mais que les frais de couverture vous coûtent 1,5%, il ne vous reste que 1,5%.