«Si l’on ne s’occupe pas des perdants de la globalisation, les votes comme celui du «Brexit» vont se multiplier», a prévenu Nouriel Roubini. Le fondateur et président de Roubini Global Economics, un cabinet de consultant, s’exprimait lundi lors d’une table ronde au Forum économique mondial (WEF) de Tianjin en Chine. «Il est clair qu’il y a des gagnants et des perdants du commerce mondial, mais aussi de la technologie, et l’expression du mécontentement de ces perdants a pris cette forme en Grande-Bretagne, mais elle apparaît aussi ailleurs», a expliqué l’économiste américain, citant la popularité de Donald Trump dans la course à la présidentielle américaine.

Et pourtant, ce vote sanction intervient alors que «la Grande-Bretagne et les Etats-Unis s’en sortent bien mieux que la plupart des pays européens sur le front du chômage.» Pour lui, cela montre d’autant plus l’importance d’agir: «Il ne suffisait pas, pour les banquiers de la City, de dire: nous allons souffrir. Il faut s’intéresser aux préoccupations de tous et expliquer comment on va redistribuer les bénéfices», a-t-il poursuivi.

Début d’un phénomène?

Connu pour son pessimisme, Nouriel Roubini a cependant suggéré que Boris Johnson, qui devrait succéder, selon lui, au premier ministre britannique David Cameron, pourrait tenter de négocier avec l’Union européenne pour éviter le divorce et ensuite soumettre l’accord à un nouveau referendum. Fidèle à lui-même, l’économiste a ajouté: «Il faut essayer, mais il va probablement échouer».

Dans ce contexte, même si ce n’est pas son scénario de base, l’économiste américain entrevoit déjà la désintégration de l’Union européenne: «Les extrêmes font toujours plus de bruits dans la plupart des pays européens» et il y a un risque que ce vote, «ne soit que le début d’un phénomène qui pourrait prendre de l’ampleur si le chômage continuer d’être aussi élevé», a ajouté le professeur de la Stern School of Business de l’Université de New-York.