Le gouvernement britannique va revoir sa stratégie de lutte contre le blanchiment d'argent après avoir identifié des failles grossières dans le système actuel, écrit le Financial Times. Une analyse menée par KPMG pour le compte des autorités conclut que les mesures existantes «ne remplissent pas» l'objectif de dissuader les blanchisseurs et ne permettent pas d'enquêter efficacement. L'étude KPMG recense pas moins de 58 000 cas en souffrance.

Selon ses observations, le nombre de rapports sur des activités suspectes reçus par le National Criminal Intelligence Service (NCIS) a augmenté de 15 000 en 2000 à 63 000 en 2002. L'extension des mesures anti-blanchiment aux avocats et comptables devrait encore faire monter la pile de dossiers, à près de 100 000 pour l'année en cours. Parmi les dysfonctionnements, KPMG relève une mauvaise communication entre le NCIS, qui fonctionne comme plateforme de tri pour les enquêtes, et les autorités policières ou judiciaires. Par ailleurs, bien que leurs effectifs aient passé de 27 à près de 100 personnes, les forces d'investigation restent insuffisantes aussi bien en quantité qu'en qualité.

Suite à ce constat sévère, le gouvernement britannique doit désigner une task force chargée de trouver les moyens plus efficaces de mener la lutte anti-blanchiment.

Dans les polémiques sur le secret bancaire de ces dernières années, les banquiers helvétiques ont plus d'une fois souligné la contradiction existant entre l'attitude très critique de Londres envers la place financière suisse et la faiblesse des mesures en Grande-Bretagne même.