C’est l’OMS qui a lancé la polémique en recommandant d’utiliser des moyens de paiement sans contact. En réalité, personne ne sait vraiment quelle est la dangerosité des billets de banque et pièces de monnaie. Les études scientifiques évaluant les surfaces sur lesquelles le virus s’installe n’ont pas testé le cash. La plupart des experts ont tendance à relativiser ce risque, soulignant qu’il existe aussi lorsque des milliers de doigts composent successivement un code sur un terminal de paiement.

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Toujours est-il que le dégoût du cash, suspecté d’être un vecteur de bactéries et microbes, est devenu tel qu’aux Etats-Unis, des groupes industriels ont demandé à la Réserve fédérale et au Trésor américain de dire aux Américains qu’ils ne prennent pas ou peu de risques en le touchant.

Or la Fed, elle, attend des recommandations des autorités sanitaires, tout en mettant en quarantaine pendant dix jours les billets verts revenant d’Asie et d’Europe, par prudence, car les matériaux utilisés pour les «greenbacks», du lin et du coton, permettraient de garder les microbes plus longtemps que d’autres surfaces.

De son côté, la banque centrale chinoise utilise des rayons ultraviolets et des températures élevées pour «nettoyer» ses billets, tout en en imprimant de nouveaux pour éviter la contagion par ce biais. Son homologue de Corée du Sud a rappelé tous les billets pour les garder deux semaines hors de circulation, les brûlant même dans certains cas.

Pas de mesures en Suisse

En Suisse, les billets sont fabriqués à partir d’un composite de papier (provenant du coton) et de polymère (couche de matière plastique). La Banque nationale admet qu’«en circulant, les billets de banque peuvent présenter des traces d’utilisation et des souillures», comme d’autres «objets d’usage public». L’institut d’émission soumet les billets qu’elle reçoit «à un contrôle de qualité, au cours duquel ceux qui sont détériorés ou souillés sont triés et détruits. Les billets en bon état sont entreposés pour quelques jours puis remis en circulation.» Mais il «n’est pas prévu pour le moment de procéder à un nettoyage des billets», ajoute l’institution, qui renvoie aux consignes de l’Office fédéral de la santé publique.

Il existe également des preuves que les pièces de monnaie peuvent «être un vecteur de bactéries», admet Marius Haldimann, le directeur de Swissmint, l’organisation qui frappe la monnaie suisse, fabriquée elle en cupronickel, un mélange de cuivre et de nickel. Il recommande de se laver ou de se désinfecter les mains, comme après avoir touché d’autres surfaces.