Les Suisses additionnent souvent inutilement leurs assurances de voyage. Mais délaissent-ils la couverture de leurs animaux domestiques? En Grande-Bretagne 15% des chiens et chats sont assurés. En Suisse, seulement 3 à 4% selon l’assureur Animalia. En Suède, 77% des chiens et 36% des chats sont assurés, selon Comparis.

«La différence entre la Suisse et la Suède s’explique par une politique de recommandation plus active dans le pays scandinave», selon Olivier Grangier, membre de la direction d’Epona, à Lausanne, leader du marché. «Les tarifs ne sont pas trop élevés en Suisse. Ils sont semblables à ceux des autres pays. Le problème est davantage lié à un manque d’informations. En Suisse, les assurances pour chiens et chats n’ont été proposées que depuis le milieu des années 1980», selon la coopérative.

«En Suède une grande partie des assurances existent depuis plus de 60 ans, en Grande-Bretagne depuis 30 à 40 ans», ajoute Christoph Kulli, au département patrimoine d’Animalia, le numéro deux de la branche, récemment repris par la Vaudoise.

Un ménage sur 3 est concerné

Le chat est l’animal favori des Suisses puisqu’on en possède 1,35 million alors que le nombre de chiens ne dépasse pas 500 000. Un ménage sur trois possède donc un chien ou un chat, selon Animalia. Une assurance vaut-elle la peine d’être souscrite?

On peut y répondre par l’affirmative si l’on évalue les coûts potentiels d’un accident: Par exemple, pour une analyse (sang et radiographies), une opération puis un contrôle de suivi, les frais peuvent aisément atteindre plus de 2000 francs, explique la porte-parole de la Vaudoise. Il est clairement de la responsabilité du propriétaire de prendre soin de son animal de compagnie; si le propriétaire n’est pas prêt à payer de telles sommes, une assurance se révèle judicieuse.

Concrètement, si le chien ou le chat se casse la patte, les soins coûtent rapidement 2700 francs. S’il doit traiter des lésions internes après l’ingestion d’un corps étranger, la facture peut grimper à 2500 francs. Les coûts d’infections dentaires atteignent vite 500 à 1000 francs. Les conséquences de ces mauvaises surprises peuvent amener le propriétaire à des choix douloureux.

20 000 francs pour un chat?

Le coût d’un animal domestique est nettement plus élevé qu’on ne le dit. Animalia estime le budget mensuel d’un chien à 160 francs et d’un chat à 100 francs. Selon Comparis, un chat avec une espérance de vie de 15 ans revient à environ 20 000 francs, sans les frais vétérinaires. Or chaque propriétaire de chats doit s’attendre à des blessures ou des maladies qui coûtent très vite plusieurs centaines de francs. Une analyse (sang, radiographie, IRM) coûte entre 300 et 1000 francs.


Une couverture d’assurance de base coûte au moins 9,90 francs par mois pour un chat et 19,90 francs pour le chien. Le leader de la branche est Epona, une mutuelle indépendante qui a été créée en 1901. Ses recettes de primes atteignent 6 millions de francs en 2015 (pour 20 employés), contre 5,16 en 2014, indique Olivier Grangier. La société devance Animalia (4,5 millions en 2014), Européenne wau-miau et deux autres plus petits assureurs.

L’assurance prend en charge un grand nombre de dépenses (frais vétérinaires, transports d’urgence, séjours hospitaliers et, dans les cas les plus graves, l’euthanasie, indique Comparis. Pour souscrire à une assurance, le chat devra être âgé d’au moins trois mois et l’âge maximal ne pas dépasser 7 ans. La couverture est toutefois garantie après cet âge.

Comparaison des offres

Les sites comparatifs (comparis.ch et bonus.ch) démontrent que la concurrence fonctionne. La couverture des animaux domestiques est proche, mais des différences méritent d’être signalées.

Animalia prend en charge 80% des frais nécessaires à remettre l’animal sur ses pattes, Epona 90%. Olivier Grangier ajoute qu’il n’applique pas de limites temporelles pour les maladies chroniques. La coopérative se considère comme «un accompagnant plutôt qu’une assurance», ainsi que le démontre sa politique de conseils et de coopération avec les vétérinaires.

Pour un chat né au début de cette année, avec une franchise de 500 francs, la prime annuelle est inférieure à 120 francs pour Epona et Animalia, selon bonus.ch. La couverture porte alors sur 5000 francs. Si la franchise n’est que de 100 francs, la prime atteint 282,60 chez Animalia et 358,80 francs. Mais la prime demandée par Epona n’est pas fonction de l’âge de l’animal, au contraire d’Animalia. Un système de bonus est intégré par Animalia. Si après deux ans d’assurance, la compagnie n’a pas versé de prestations, la franchise annuelle est réduite de moitié sur les cas suivants.

Attention aux exceptions

Chaque assurance comporte des exceptions. Certaines prestations ne sont pas assurées, par exemple les accidents survenus durant le délai de carence de 30 jours qui suit l’entrée en vigueur du contrat. L’analyse des conditions d’assurance d’Animalia indique que la pose de puce électronique n’est pas remboursée, ainsi que les interventions à des fins esthétiques, la médecine alternative, les prestations dentaires, exceptées celles consécutives à un accident, la castration, la stérilisation (décision du propriétaire) ou encore les maladies héréditaires ou congénitales. Dans ce dernier cas, qui est toujours un sujet sensible auprès des assurés, il faut bien comprendre, explique Christoph Kulli, chez Animalia, que l’assurance même repose sur un principe de probabilité d’occurrence (événement fortuit); or, pour certaines races, la probabilité de survenance d’une maladie en particulier est de quasi 100%. Il est du ressort du propriétaire de s’informer sur la probabilité d’un tel cas avant d’acquérir un animal.