Banque

De faux documents de Credit Suisse utilisés dans une fraude à 500 millions

Le fils de l’ancien président angolais est accusé de détournement massif de fonds de la banque centrale. Son compte se trouvait chez HSBC mais Credit Suisse a découvert que des documents falsifiés à son nom avaient été utilisés

HSBC a gelé un compte dans une affaire de fraude présumée à 500 millions de dollars impliquant le fils de l’ancien président angolais. La banque britannique aurait pris cette décision il y a quelques semaines et aurait prévenu les autorités face à l’énormité de la somme transférée, avance le Financial Times dans son édition de mercredi.

José Filomeno dos Santos, le fils de l’ancien chef d’Etat, dirigeait jusqu’en janvier dernier le fonds souverain angolais, fort de 5 milliards de dollars sous gestion. Il aurait profité de ce poste pour siphonner le véhicule d’investissement et placer l’argent dans un compte d’entreprise chez HSBC. L’Agence nationale britannique contre le crime a annoncé lundi avoir saisi 500 millions qu’elle prévoit de rendre à l’Angola.

Aucun fonds chez Credit Suisse

L’histoire ne s’arrête pourtant pas là. Credit Suisse aurait découvert que des faux documents portant son logo auraient été utilisés dans cette fraude, affirme le FT. L’établissement a confirmé cette découverte. Il précise qu’il «ne dispose d’aucun dossier concernant la fraude alléguée, laquelle impliquait des documents falsifiés, et la banque n’a reçu aucun fonds en relation avec cette affaire. Toutes les informations disponibles ont été transmises aux autorités compétentes concernées», précise un porte-parole. Interrogée sur le genre de documents falsifiés, la banque n’a pas voulu donner de précision.

De bons contacts en Suisse

Dans un premier temps, l'AFP avait affirmé que le José Filomeno était «soupçonné d'avoir ordonné en septembre un virement jugé suspect de 500 millions de dollars depuis le compte du fonds souverain à la banque centrale vers une succursale londonienne de la banque Credit Suisse».

José Filomeno dos Santos, qui dispose de bons contacts en Suisse (l’ancien directeur de la DDC Walter Fust, le financier Jean-Claude Bastos), a été limogé par le successeur de son père, João Lourenço. Président de l’Angola pendant trente-huit ans, José Eduardo dos Santos avait nommé ses enfants à plusieurs postes clés, dont le fonds souverain, avant de se retirer.

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