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Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, est engagée dans une politique de resserrement monétaire depuis décembre dernier.
© Susan Walsh/AP

Politique monétaire

La Fed devrait donner un nouveau tour de vis

A l’issue de sa réunion de ces mardi et mercredi, la Réserve fédérale américaine devrait annoncer une hausse de ses taux directeurs. La croissance et l’inflation, même affaiblies au premier trimestre 2017, sont sur la bonne trajectoire. En Suisse, la Banque nationale suisse se réunira jeudi

Au cours des semaines écoulées, la Réserve fédérale américaine (Fed) a elle-même donné quelques indications selon lesquelles une nouvelle hausse des taux d’intérêt directeurs était imminente. Résultat: les marchés financiers s’attendent à un relèvement du coût du crédit d’un quart de point (0,25%) à l’issue de la réunion de l’organe de décision – le Federal Open Market Committee (FOMC) – qui a lieu ces mardi et mercredi à New York, pour les porter entre 1 et 1,25%.

Il s’agira de la troisième hausse depuis l’élection de Donald Trump à la présidence américaine en novembre dernier. «Elle s’inscrira dans une certaine logique, explique Sophie Casanova, économiste au sein du Groupe Edmond de Rothschild. Les investisseurs n’ont pas d’aversion au risque, le VIX, un indicateur qui calcule la volatilité, est au plus bas tandis qu’une hausse des taux des Fed funds est pleinement anticipée.»

La Fed restera prudente

Par ailleurs, toujours selon Sophie Casanova, la décision confirmerait que la Fed compte aller de l’avant avec la troisième phase de son agenda, c’est-à-dire se débarrasser progressivement de ses actifs et dégonfler la taille de son bilan. «A ce stade, tout indique que les deux précédentes phases, à savoir l’arrêt du programme d’assouplissement monétaire et l’augmentation des taux se passent sans problème, poursuit l’économiste. Janet Yellen, la présidente de la Fed, restera sans doute prudente à chaque palier.»

Lire aussi: Les marchés se préparent à une hausse des taux de la Fed

L’économiste française ajoute que le FOMC pourrait difficilement faire marche arrière. Elle estime même qu’une nouvelle augmentation des taux interviendrait en décembre prochain. Selon elle, le moteur de la Fed est bien lancé pour aller dans ce sens malgré le mou constaté au deuxième trimestre avec un taux de croissance ralenti à 1,2% et une inflation sous-jacente descendue à 1,5 % en avril sur un an alors que son objectif se situe à 2%.

Promesses de Donald Trump

De toute évidence, les analystes financiers ne comptent désormais plus sur les orientations économiques du président américain, Donald Trump, pour influencer les tendances. Selon l’agence Bloomberg qui a interrogé quarante d’entre eux, aucun ne croit que ses promesses électorales, notamment la baisse des impôts pour les entreprises et un plan de relance, seront respectées. Ils disent même que les décisions de l’administration Trump n’auraient pas ou peu de conséquences sur l’économie. Sophie Casanova assure même que le resserrement monétaire en cours ne devrait pas être restrictif pour la conjoncture américaine. «Car en réalité, les taux d’intérêt réel sont encore en zone négative», relève-t-elle.

Statu quo pour la BNS?

Outre la Fed, trois autres banques centrales revoient leur politique monétaire cette semaine, à savoir la Banque du Japon, la Banque d’Angleterre et la Banque nationale suisse. «Au Japon, nous anticipons le statu quo en matière de taux puisque l’inflation hors composantes volatiles a pris une direction baissière, fait remarquer Sophie Casanova. Au Royaume-Uni, la situation est incertaine du fait des prochaines négociations sur le Brexit et de l’inflation qui tend à remonter. Quant à la Suisse, nous ne prévoyons pas de changement de politique de la BNS; celle-ci ferait tout pour éviter que l’écart entre le franc et l’euro s’élargisse.»

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