La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé mercredi soir son taux directeur de 0,25 point sur fond d’une reprise économique et d’un retour d’une certaine confiance après l’élection du républicain Donald Trump à la Maison-Blanche. Il évoluera désormais dans une fourchette de 0,50 et 0,75%, Il s’agit de la deuxième hausse en près de dix ans, après un premier relèvement il y a pile une année.

En 2008, le pays avait sombré dans une grave crise financière et économique suite à la faillite de la banque Lehman Brothers et de la crise des subprimes. Dès lors, la Fed a pris une série de mesures pour baisser le coût de crédit et relancer l’économie. Les analystes s’attendent à d’autres resserrements dans la mesure où les attentes de l’inflation sont à la hausse et le chômage est descendu à 4,6%, soit à son plus bas niveau depuis neuf ans.

Le Comité monétaire de la Fed (FOMC) a aussi pris sa décision sur la base des prévisions conjoncturelles plus favorables de l’économie américaine. Il table désormais sur un taux de croissance de 2,1% en 2017, contre 1,8 cette année. Le Comité a souhaité qu’à partir de maintenant les entreprises reprennent des investissements, ce qu’elles n’ont pas fait malgré le faible taux d’intérêt ces dernières années.

En revanche, la consommation des ménages, devenue entre-temps le moteur de la croissance, est en augmentation. Les investissements massifs promis par le président élu pourraient donner un coup de fouet aux dépenses tant des entreprises que des consommateurs. Donald Trump a aussi annoncé une baisse des impôts.

Attente unanime

Les marchés attentaient de façon quasi unanime à un resserrement de crédit. Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, avait elle-même prévenu plusieurs fois qu’une hausse pourrait intervenir «relativement rapidement». Elle n’était pas encore passée à l’acte en raison de la situation économique particulièrement à l’étranger – croissance molle en Europe et ralentissement dans les pays émergents – mais aussi des bas prix pétroliers et des incertitudes liées au Brexit, c’est-à-dire la sortir du Royaume-Uni de l’Union européenne.

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La politique monétaire américaine contraste avec celle suivie par la Banque centrale européenne (BCE) qui, elle, poursuit une stratégie inverse. La semaine passée, son président Mario Draghi a annoncé le maintien de l’assouplissement monétaire dans le but de soutenir l’économie jusqu’à fin 2017 et au-delà si nécessaire. «C’est juste une différence de tactique, a commenté Jean-Claude Trichet, l’ancien président de la BCE mardi sur une chaîne de télévision. Les deux institutions ont le même objectif d’inflation, mais la zone euro ne se situe pas au même épisode du cycle économique que les Etats-Unis.»

Dans l’attente de la décision de la Réserve fédérale, les bourses européennes ont terminé la séance de mercredi à la baisse, les investisseurs hésitants à prendre l’initiative. Les marchés américains sont également restés impassibles. En revanche, le dollar a évolué en hausse par rapport aux principales devises.